15.01.2009

« Pourquoi je suis généraliste et pas psychiatre ».

hystérie.jpgL'autre jour je croise celui qui pourrait devenir mon médecin traitant sur Paris. L'homme a la cinquantaine finissante. Le jour de la visite, il m'avait reçu le stéthoscope au cou. Plutôt bon signe. Il toussait plus que moi mais était fidèle au poste. Il m'avait gardé une bonne vingtaine de minutes pour une prescription de presque rien. Je le retrouve donc un petit matin sur le trottoir. Nous nous saluons courtoisement. Il termine sa tournée, il a le temps, il accepte d'échanger quelques mots. Je le trouve fatigué et le lui dit. Il m'explique alors quelques malheurs du médecin généraliste de secteur un. Honoraires insuffisants, charges trop importantes, journées épuisantes. Je lui fais remarquer qu'il reste effectivement longtemps avec ses clients pour ces quelques vingt euros. Il m'explique alors que jeune il avait voulu être psychiatre. « En sixième année, lors de l'un de mes stages d'externat, j'étais dans un hôpital psychiatrique de la région. Un matin, une femme est internée. Le chef de service profite de l'aubaine pour faire un cours sur le syndrôme de conversion hystérique. La femme est accompagnée de son mari. Le tableau clinique est complet. Fier de lui, de son savoir, le chef de clinique dépeint, argumente, tout y est. Quelques jours plus tard, la femme est transférée d'urgence en cancérologie dans un hôpital voisin. Elle est totalement métastasée. Tous les symptômes de l'hystérie me disait mon chef de clinique? Voilà pourquoi je suis devenu médecin généraliste ».