12.01.2009
Constellations Familiales, le retour.
J’assiste la semaine dernière à ma deuxième séance de Constellations Familiales au centre Notre Dame des Champs. Michel Diviné est aux commandes, secondé par sa fille Sarah. Auteur et formateur, Michel intervient dans la lignée de l’orthodoxie de la discipline popularisée par Bert Hellinger.
Nous sommes assez nombreux pour cette séance qui va durer trois heures, une bonne quinzaine de personnes. Curieusement, ni Michel, ni Sarah ne semblent se souvenir de moi (pourtant, Sarah m’avait gratifié à l’époque d’un « je sais pourquoi il a eu un cancer de la prostate, il méprise les femmes ! » péremptoire et très bienveillant d’un point de vue thérapeutique, glups !).
Le rituel peut commencer, après avoir réexpliqué en deux mots ce que sont les CF, la réintégration d’un membre exclu du système familial (mort, avorté, enfant renié, suicidé, …) Michel fait le tour du groupe pour connaître les demandes de chacun qui vont du « je suis insomniaque » à « je suis perdue », en passant par « je ne sais pas gagner d’argent » et bien sur les deux « pourquoi mon cancer ? », dont le mien, il va de soi. Au passage, j’apprends que dans le conte « La cigale et la fourmi », la fourmi est la mère de la cigale (ça peut s’entendre).
Le bénéficiaire de la constellation est désigné par le sort, Michel fait tourner une cuillère sur elle-même, elle pointe sa queue et c’est l’insomniaque qui commence. Celui-ci désigne un représentant qui va « jouer » son rôle, puis des représentants de son univers, personne ou nominalisation (le destin, la mort, le sort, l’argent, …). Michel est le maître de cérémonie, il pose des questions, désigne par ses connaissances, son intuition et son intelligence, les personnages clés et les réinscrits dans l’espace lorsque ce ne sont pas les représentants eux-mêmes qui se meuvent, s’expriment, poussés par je ne sais qu’elle fulgurance intérieure. Quelques instants plus tard, un nouveau tableau s’est formé, l’espace est occupé différemment, une paix s’installe là ou il y avait le chaos, une compréhension nouvelle s’inscrit dans l’esprit du bénéficiaire. Tout cela est assez étonnant. Il suffit de lâcher prise et ça marche.
Après la pose, une participante propose de déroger à la règle et de permettre aux deux cancers de passés. Tout le monde est ok, c’est mon tour. Je sais déjà ce qu’il va advenir car j’ai beaucoup travaillé le sujet. Néanmoins, je suis plus que curieux. Je désigne mes représentants, moi d’abord, puis la raison de mon cancer (une jolie jeune femme !), ma femme qui me gratifie d’un « tu paieras par la ou tu as péché mon cochon (la prostate de l’infidèle) », et puis mon fils handicapé. La jeune fille devient sa mort. Il la regarde en face. Il me dit, « je suis assez fort pour être face à ma mort, ne prend pas ma mort papa, c’est mon destin, pas le tien ». Je pleurs à ma place à l’extérieur du cercle, « je sais mon fils » prononce mon représentant. Sur ma chaise, j’accepte aussi, la paix s’installe en moi. Fin de partie, je rejoints le groupe et me met à l’endroit exact ou était mon représentant. Je suis en paix avec mon fils, la mort de mon fils, je m’appuie sur mes parents et les parents de mes parents. Je peux vivre.
Franchement, je ne sais pas comment ça marche, mais ça marche pour moi.
10:51 Publié dans Ma petite vie | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : constellations, hellinger, thérapie
