20.10.2009
Adios Mercedes
J’ai appris il y a quelques jours le décès de Mercedes Sosa aussi appelée La Negra. Cette femme avait une voix magnifique et elle a su, depuis mon adolescence, m’émouvoir quelquefois jusqu’aux larmes, avec « Gracias a la Vida », la merveilleuse chanson de Violeta Parra ou « Mon amour », un superbe duo avec Nilda Fernandez.
Chanteuse, elle était une militante de la liberté, reconnue par ses frères d’un continent souvent endeuillé par le fascisme.
Gracias Mercedes, Gracias.
15:46 Publié dans Regards | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mercedes sosa, chanson
15.01.2009
« Pourquoi je suis généraliste et pas psychiatre ».
L'autre jour je croise celui qui pourrait devenir mon médecin traitant sur Paris. L'homme a la cinquantaine finissante. Le jour de la visite, il m'avait reçu le stéthoscope au cou. Plutôt bon signe. Il toussait plus que moi mais était fidèle au poste. Il m'avait gardé une bonne vingtaine de minutes pour une prescription de presque rien. Je le retrouve donc un petit matin sur le trottoir. Nous nous saluons courtoisement. Il termine sa tournée, il a le temps, il accepte d'échanger quelques mots. Je le trouve fatigué et le lui dit. Il m'explique alors quelques malheurs du médecin généraliste de secteur un. Honoraires insuffisants, charges trop importantes, journées épuisantes. Je lui fais remarquer qu'il reste effectivement longtemps avec ses clients pour ces quelques vingt euros. Il m'explique alors que jeune il avait voulu être psychiatre. « En sixième année, lors de l'un de mes stages d'externat, j'étais dans un hôpital psychiatrique de la région. Un matin, une femme est internée. Le chef de service profite de l'aubaine pour faire un cours sur le syndrôme de conversion hystérique. La femme est accompagnée de son mari. Le tableau clinique est complet. Fier de lui, de son savoir, le chef de clinique dépeint, argumente, tout y est. Quelques jours plus tard, la femme est transférée d'urgence en cancérologie dans un hôpital voisin. Elle est totalement métastasée. Tous les symptômes de l'hystérie me disait mon chef de clinique? Voilà pourquoi je suis devenu médecin généraliste ».
15:40 Publié dans Regards | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : psychiatrie, hystérie, médecine
16.12.2008
Objet Culte

J’ai été assez « bouké » ces derniers temps, d'où un silence coupable. Je reprends la série des notes par une proposition. Et si vous me disiez quel est ou quels sont vos objets cultes ?
Pour moi, l’objet culte, c’est la madeleine de Proust qui s’actualise. Il évoque le passé, mais se manifeste dans le présent. Mon premier objet culte : la sucette « Chupa chups » au Cola. Elle m’évoque mes vacances en Espagne, tout petit, mon enfance rue du Hohwald à Strasbourg, lorsque j’allais la chercher à la boulangerie Müller avec les vingt centimes que me donnait ma mère comme argent de poche. Ah Mme Müller ! Quelquefois, il suffisait de se tenir quelques minutes devant sa vitrine, pour qu’elle sorte de son magasin et m’offre un petit pain ou un « maenele ». Générosité et compassion au quotidien.
Lorsque je fais Paris-Strasbourg en voiture sur la RN4 (jamais l’autoroute), je m’arrête à l’aire de Sommesous et m’achète un Chupa chups au Cola.
09:20 Publié dans Regards | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : proust, chupa chups, objet culte, hypnose
14.08.2006
Familia
![]()
Après ma première journée de travail en hypnose, je pensais me retrouver seul le soir. Et bien non, mon frère et un ami me retrouvent et nous passons une excellente soirée. Il se dit et se passe plein de choses entre nous. La présence d'un tiers ami a quelques fois des effets catalysateurs et permet une parole plus libre dans l'intime. Etrange. J'apprends sur moi et sur l'autre, encore et encore.
Seconde journée, aussi riche que la première de stage et me voilà en partance le soir pour un cinéma. J'erre un peu et me retrouve proche de Beaubourg. Je vais voir Familia, un film canadien de Louise Archambault. Le film démarre sur une question sempiternelle. Sommes nous déterminés par notre ADN jusqu'à notre personnalité? Sommes-nous condamnés à reproduire encore et encore les jeux familiaux, comme une malédiction impitoyable? Mais le film est avant tout une comédie. De plus une comédie canadienne qui nous régale de ce "parlé"d'ailleurs si proche et si lointain. Les sous-titres sont quelquefois bienvenus. " Familia " exploite tout ce que le mot famille peut exprimer de passions,d'amour et de conflits au sein d'êtres du même sang. L'intrigue est assez mince. Une jeune femme accro au jeu, assez délurée (sans doute de d'ennéatype 9) échoue chez une amie d'enfance (qui est aussi la soeur du frère de sa fille) qui la reçoit avec un mélange de joie et d'obligation (elle est d'un type 1 ennéagramme). Des conflits mères-filles vont troubler rapidement les retrouvailles et briser les apparences de la bienséance. La chute du film est délicieuse car c'est aussi le cauchemar de l'homme volage, Donc, je n'en dis pas plus.
09:10 Publié dans Regards | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.08.2006
Nouveau sexe ?
J’avais déjà entendu parler de cette nouvelle tribu, les « asexuels ». Libé, hier, en reparle sous le titre « Asexuels, nous sommes heureux ». En gros, il s’agit de personnes, femmes ou hommes, n’ayant pas d’attraction sexuelle, pas de désir. L’émergence de cette nouvelle orientation sexuelle, aujourd’hui, devrait nous interroger sur l’évolution de notre société. Est-ce un triomphe de l’idéologie puritaine nord-américaine (le mouvement est d’origine anglo-saxonne) ? Cela étant, le discours sur le désir et l’extinction du désir est aussi un discours qu’on rencontre dans le bouddhisme. Si j’en parle aujourd’hui, c’est que je vis depuis quatre mois une nouvelle expérience. Celle de l’atténuation, peut-être de la disparition, du désir sexuel. Pour le traitement contre le cancer de la prostate, cancer « sexué », l’une des moyens utilisés est l’inhibition de la production des hormones sexuelles. Les deux médicaments, le Casodex (une pilule quotidienne) et le Decapeptyl (une injection trimestrielle) ont cet objet, ce sont des anti-androgènes. D’un point de vue physique, je ressens surtout une prise de poids (mais quelle est l’influence de l’absence quasi absolue d’activité physique !), une croissance des pectoraux (pour ne pas dire des seinsJ), je deviens glabre, et surtout une thermorégulation très approximative (bouffées de chaleur). D’un point de vue psychologique, je ressens, très nettement, une perte de désir pour le sexe opposé. Ce n’est pas de l’impuissance, mais désormais pratiquer l’acte sexuel suppose un effort de la volonté. C’est assez étrange comme situation. A la fois, je vis une sorte de repos qui n’est pas désagréable et en même temps s’actualise un questionnement sur la nature du désir. En effet, auparavant, j’étais assez tourmenté par ma libido. Celle-ci m’a amené quelquefois à poser des actes qui n’ont pas forcément été toujours bien pesés. Aujourd’hui, encore une fois, la tension du désir doit faire l’objet d’un acte de la volonté. Ce qui est remarquable, c’est que cette situation, auquel je réfléchi depuis quelques temps, était désirée. Elle a même fait l’objet d’un travail psychologique. Aujourd’hui, je suis allé, à mon corps défendant, au-delà de mon objectif premier. Cela m’ouvre un trésor (j’allais écrire un abîme) de réflexion. Et vous ?
09:45 Publié dans Regards | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
04.08.2006
Rêve
Pour les psychanalystes en herbe voici mon rêve de la nuit :
10:50 Publié dans Regards | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
30.07.2006
Stay
Hier soir, je suis allé voir Stay. C’est un film très riche visuellement et symboliquement. Il m’a rappelé Muholland Drive, le film de David Linch. Même type d’atmosphère, même mystère. D’ailleurs, il n’y a pas hasard, les deux films ont la même actrice vedette, Noami Watts, encore une fois impeccable. Néanmoins, je crois que là, on a franchi encore un stade dans l’expression cinématographique de ce qu’est une production onirique. Je ne dis pas un rêve car les circonstances de la construction inconsciente ne sont pas le sommeil. L’utilisation du cadrage, les effets spéciaux, les effets narratifs et les symboles, quasiment à tous les plans du film en font une œuvre forte, original, dérangeante et qui appelle une lecture très très attentive. Vivement le Dvd. Tous ceux qui s’intéressent au fonctionnement de l’inconscient vont y trouver une source d’inspiration. Tous ceux qui ne souhaitent pas mettre la tête dans l’eau noire de leur mare intérieure fuiront. En tout cas pour moi, un best. Pour ne rien gâcher, c’est très beau visuellement et auditivement, même si le film exige tellement du spectateur qu’il en sort éprouvé.
12:05 Publié dans Regards | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.07.2006
Gomez, fils de Gome ou de Gomer ? Goth ou juif ?(II)
![]()
Je discutais avec un ami sur cette mini recherche de l'origine du nom. Il me faisait justement remarquer que l'une des origines n'était pas exclusive de l'autre.
La curieuse Isabelle, m’a engagé dans son commentaire à poursuivre et, de découverte en découverte, j’apprend que :
« Nous avons déjà fait observer que Gomer, fils aîné de Japheth, était l'héritier des qualités corporelles distinguant Japheth de ses frères Sem et Cham. Gomer est la souche de la grande famille celtique, et saint Jérôme ainsi que Josèphe n'hésitent pas à appeler ses descendans Gomériens et Cimmériens. Les Galates établis en Asie appartiennent, d'après saint Jérôme, à la même famille Cimmérienne ou Cimbrique. La plus grande partie de ces Galates étaient des Tectosages, venus du midi de la Gaule à la poursuite d'aventures guerrières...
Les autres enfants de Gomer que la Genèse ne nomme pas, demeurèrent sans doute avec lui et constituèrent l'immense famille celtique, qui vint établir le centre de sa domination dans la Gaule, après avoir traversé, en suivant le cours du Danube, l'Europe - to err, aller çà et là, - to hope (hôpe) espérer - encore inhabitée ». Source : http://www.octonovo.org/
Et si, à l'aube de l'humanité, Juif et Goth était un?
16:25 Publié dans Regards | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
Gomez, fils de Gome ou de Gomer ? Goth ou juif ?(I)
Je poursuis mes investigations et tombe sur un bien étrange dialogue « internéticien ». Je traduis d’emblée pour alléger le post « pour ce que j’en sais, Gomez est une déformation d’un nom qui apparaît dans la Bible, Gomer. Suite aux persécutions que subirent les juifs la lettre r s’est transformée en z (ez valant pour fils de comme dans Lopez, fils de Lope )». La première piste serait confirmée ?
Et puis un certain Roberto Gomez, professeur de sociologie à l’université de Salamanca, s’offusque et s’insurge: « l’origine de Gomez suppose que le porteur est fils d’un Gomo ou Gome, de sang germanique ou goth. Ce patronyme était porté par des barbares espagnols Visigoths et Celtes. Depuis leur christianisation, leurs descendants catholiques, le portèrent jusqu’à nos jours. Il n’existe aucun registre qui démontre qu’il s’agisse d’un patronyme juif ni qu’on le trouve dans la Bible …il est ridicule et irrespectueux de penser qu’un patronyme de la pureté raciale de l’Espagne nordique qui est si commun soit en quelque manière influencé par quelque chose de sémitique qui n’a jamais eu de relation avec les racines des nobles Gomez. La moitié de la population espagnole et latino-américaine descende d’un Gomez ».
Même un nom propre, le mien, est sujet à controverse, exclusion, violence verbale et ailleurs violence tout court.Pour ma part, j’ai choisi. Gomez, "remerciement à l’Eternel pour son pouvoir suprême et sa beauté".
10:40 Publié dans Regards | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18.07.2006
Algernon
Ce livre, je l’ai déjà lu, il y a longtemps (vers 14 ans je pense, et puis je crois une seconde fois). J’ai retrouvé ses coordonnées quelque part récemment (un site, une revue, je ne sais plus). Je savais déjà que ce livre avait été important pour moi, mais là çà été très fort. Charlie me parle personnellement, il me parle de moi. J’ai le sentiment d’être lui. En fait, je me suis totalement identifié à ce personnage.
« Des fleurs pour Algernon », c’est le journal intime de Charlie Gordon. Un débile mental de trente deux ans. Deux universitaires, avides de reconnaissance, l’ont choisi, comme hier avant lui, la souris Algernon, pour servir de cobaye pour une expérience prométhéenne. Il s’agit de multiplier par trois le QI d’un être humain. Celui de Charlie était à 70, il va dépasser en quelques mois les 210. Il chemine à grande vitesse, de l’état d’enfant à celui d’adulte puis de « sur homme ».
Evidemment, le QE ne suit pas et des dérèglements affectifs multiples accompagnent ce développement. C’est à la fois une descente en soi et son passé que vit Charlie et une montée vers le contrôle de l’univers. Mais en définitive, il comprend qu’il n’y a rien à contrôler ni en soi ni en dehors de soi.
Je monte et descend avec Charlie, en pente accélérée, vers le savoir de l'univers sensible et la connaissance de soi jusqu’à atteindre une double asymptote symétrique et magique ou Charlie dans un moment d’extase rejoint l’infiniment grand et l’infiniment petit réuni à cœur.
Dans ses interactions sociales, Charlie découvre que faible, désarmé, pitoyable, il connaissait le bonheur, un tout petit bonheur, étriqué, le bonheur de celui qui ne sait pas que les quolibets sont des meurtrissures et qui cherche et reçoit la protection de ceux, les grands, les intelligents qui passent pour des dieux. Devenu à son tour comme un dieu, il engendre peur et fuite chez ceux qui disent l’avoir créé. Et Charlie qui avait été seul dans son malheur initial est à nouveau seul dans sa lumière. Malheur à celui qui est différent.
Puis vient la chute, vertigineuse, la perte longtemps lucide de ce que Charlie avait tant désiré, le retour au quasi néant de l'univers mental. Tout va si vite. Charlie termine son journal pas ces mots : « si par hazar vous pouvez mettez quelques fleurs si vous plait sur la tombe d’Algernon dans la cour ».
Si je suis, vous êtes, Algernon, Charlie, Sisyphe, et il faut nous imaginer heureux.
13:25 Publié dans Regards | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
