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<title>Arrivé au Port ex.&amp;quot;Comme une bouteille à la mer&amp;quot; - contes_de_mon_cru</title>
<description>Mes regards, vos regards</description>
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<lastBuildDate>Sat, 26 Dec 2009 14:38:36 +0100</lastBuildDate>
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<title>Meilleurs voeux 2010!</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Rufino)</author>
<category>Contes de mon cru</category>
<pubDate>Tue, 22 Dec 2009 21:16:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;i&gt;&lt;img alt=&quot;oranger.jpg&quot; src=&quot;webkit-fake-url://25108B60-D906-423D-A14C-8304555044C2/oranger.jpg&quot; /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;i&gt;Mes amis et lecteurs, permettez-moi de vous proposer ce petit conte que mon inconscient m’a offert comme métaphore lors d’une séance d’accompagnement au changement.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Que chacun d’entre nous découvre en 2010 sa propre nature de fruit&lt;/i&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span&gt;La petite orange était si belle dans sa robe couleur soleil. Elle se mirait sans cesse au moindre miroir que lui présentait l’ondée généreuse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span&gt;Elle était si pareille à l’astre du jour, que son coeur se gonflait d’orgueil. «Plus belle que toi», disait son esprit, «cela ne ce peut parmi le carrousel des fruits du verger». En effet, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, aucun fruit ne pouvait lui être comparé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span&gt;Pourtant, au fond de son âme, la petite orange était malheureuse. En effet, malgré sa beauté, elle ne savait pas vraiment pourquoi elle était là, dans cette curieuse corbeille. Elle avait beau faire de son mieux, personne ne venait la saisir pour croquer à pleines dents sa chaire qu’elle savait généreuse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span&gt;Un jour, ni tenant plus, elle demanda à sa voisine, la vilaine banane, son SECRET, «le» SECRET.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span&gt;La banane lui expliqua que si sa robe était belle, elle était aussi dure, acide et amère, désagréable au goût. Nul ne la croquerait jamais si elle n’acceptait de se mettre à nu et de découvrir la tendresse de son coeur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span&gt;Cette révélation plongea la petite orange dans un tourbillon émotionnel. Interloquée d’abord, elle fut très vite prise par une colère incoercible, prête à insulter la perverse banane. Pourtant, ce propos lui fut confirmé encore et encore par tous les fruits de la corbeille.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span&gt;La petite orange était dévastée, sa colère se transforma en tristesse et en désespoir. Pour vivre son destin, il lui fallait perdre ce qu’elle avait de plus beau, ce qui avait été jusqu’à ce jour sa plus grande fierté. Que c’était difficile.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span&gt;Pourtant, petit à petit, quelque chose lâcha en elle. Elle acceptait.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span&gt;Elle commença à se dévêtir, pelure après pelure, abandonnant sa belle cuirasse. Elle vit apparaître progressivement sa peau intérieure, plus fripée, moins parfaite, inégale, et tandis qu’elle perdait ainsi sa beauté, elle sentit confusément qu’elle acquérait tout aussi progressivement une autre dimension.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span&gt;Bientôt, mise à nu, elle sut qu’en perdant, elle gagnait et que sa nature de fruit pourrait enfin s’exprimer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span&gt;Désormais la petite orange connaîtrait le destin des fruits et elle sut que cela était bon.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Belles fêtes et bonne année 2010!&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
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<title>K life</title>
<link>http://commeunebouteillealamer.hautetfort.com/archive/2009/10/22/k-life.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Rufino)</author>
<category>Contes de mon cru</category>
<pubDate>Thu, 22 Oct 2009 10:26:00 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: #444444;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://commeunebouteillealamer.hautetfort.com/media/00/01/532432699.jpg&quot; alt=&quot;thumbnail.jpg&quot; id=&quot;media-2055798&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Il était une fois au pays de la Sublime Porte, un Calife connu pour sa grande cruauté. Le plus grand ordre régnait sur son royaume. Nul méchant n'aurait jamais tenté un quelconque larcin par crainte de ses foudres sanguinaires. En effet, le Calife, autrefois Vizir et depuis quelques temps déjà régicide, n'avait nul pareil pour confondre rufians et factieux. Un froncement des sourcils intempestif des présumés lui suffisait pour surprendre les coquins. Cet ordre ordonné réjouissait le bourgeois mais rendait le royaume ennuyeux à mourir. On ne comptait plus les veuves inconsolées des histrions et libertaires suicidaires. Depuis peu, le bâillement aux corneilles en public et en privé était devenu crime de lèse majesté, passible des supplices de la roue et du pal (dans ce sens ou dans le sens inverse et vice et versa). Le sombre souverain y lisait, non sans raison, les premières prémisses, d’une injuste remise en cause de son magistère. Chacun inventait mille subterfuges pour ne pas être surpris dans l'inconvenante position. S'assoupir au premier signe avant-coureur du sinistre étirement mandibulaire devint la règle chez les hommes, le port du voile celle des femmes. Petit à petit le royaume s'enfonça dans une étrange langueur. Bientôt, seul le suzerain se maintint éveillé.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: #444444;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; Il fut ainsi, jusqu'à sa mort, le Seigneur du Pays aux &quot;boys&quot; dormants.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>La légende du nabot 26</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Rufino)</author>
<category>Contes de mon cru</category>
<pubDate>Thu, 08 Jun 2006 08:23:13 +0200</pubDate>
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&lt;span style=&quot;font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; float: left; border-bottom-width: 0px; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-right-width: 0px&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://commeunebouteillealamer.hautetfort.com/images/medium_colombe.2.jpg&quot; /&gt;Il ne sentait plus rien, désormais au-delà de la souffrance. Les quelques secondes qui le séparaient de sa mort lui parurent dans ce rêve comme des années.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Il mourut en sachant qu’il mourait, sans regret pour cette vie passée, apparemment faite de douleur et de solitude. Pourtant, il n’aurait pas voulu qu’elle fut différente. Il avait accompli son destin de nabot avec la dignité qui sied aux pieds-bots.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Aucun des habitants du bourg ne vécut jamais la paix intérieure qui fut la sienne en cet instant. Ils durent vivre, certains de longues années, avec la honte de ce moment, gravé dans leur chair au fer rouge de leur violence et de leur stupidité soudainement révélées par les mioches survivants. Peu trouvèrent le chemin de leur âme et de leur propre pardon.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Braves gens, ainsi prend fin cette drôle de légende. Chacun la saluera, selon son tempérament, de son indifférence, son dédain, sa surprise ou son émotion. Tous les sentiments sont humains, mais seuls certains sont de l’Homme. On peut imaginer les pieds-bots heureux.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Fin.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>La légende du nabot 25</title>
<link>http://commeunebouteillealamer.hautetfort.com/archive/2006/06/07/la-legende-du-nabot-25.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Rufino)</author>
<category>Contes de mon cru</category>
<pubDate>Wed, 07 Jun 2006 06:30:00 +0200</pubDate>
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&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; float: left; border-bottom-width: 0px; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-right-width: 0px&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://commeunebouteillealamer.hautetfort.com/images/medium_me0000034736_2.2.jpg&quot; /&gt;Parmi les cris de haine il reconnut la voix de la mère de l’enfant mort, accompagnée par celle de la vieille, qui haranguaient la foule furieuse d’une diatribe sauvage «C’est lui le coupable, à mort. Le démon, le mauvais oeil. A mort. Mon enfant, son enfant, il l’a tué, à mort. Mon enfant, à mort. A mort, le nabot, le pied-bot. A mort! ». L’une sanglotait ses mots avec hargne, l’autre les crachait avec une haine féroce qui la métamorphosait en hyène assoiffée de sang et avide de charogne.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;Mais pour Pied-bot, étrangement, ces mots aboyés appelaient plus la pitié que la peur. Aveuglés par leur propre douleur, leur fatigue et l’alcool qui avait coulé à flot lors des opérations de sauvetage, tous les villageois reprirent ce cri d’hallali, «A mort », et joignant le geste et la parole ils portaient un coup ou jetaient une pierre sur le corps déjà en sang.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;Nabot sentit une masse lui broyer une jambe, puis l’autre, les coups martelant tout autant ses membres que les profondeurs de son être, Il se sentait d’une lucidité exacerbée à l’heure de sa mort. Bien qu’anéanti par la douleur, il percevait tout, n’ignorant rien de ce qui l’entourait, mais comme un spectateur indifférent, distant et froid.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;Des mains inconnues l’avaient dépouillé de ses pauvres vêtements et c’est un corps décharné, ensanglanté et disloqué qu’il offrait en pâture aux regards haineux de la foule. Alors qu’une barre à mine, effilée comme une épée lui transperçait le flan, il fut saisi d’un sentiment profond d’amour pour ses bourreaux désorientés, plus victimes que lui, sacrifiés sur l’autel de la bêtise et du désamour, plus souffrant que lui car souffrant dans leur âme, aveuglés qu’ils étaient par leur propre douleur et leur propre sécheresse de coeur.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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<title>La légende du nabot 24</title>
<link>http://commeunebouteillealamer.hautetfort.com/archive/2006/06/06/la-legende-du-nabot-24.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Rufino)</author>
<category>Contes de mon cru</category>
<pubDate>Tue, 06 Jun 2006 07:21:44 +0200</pubDate>
<description>
&lt;span&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://commeunebouteillealamer.hautetfort.com/images/medium_judge1ebay500.2.jpg&quot; /&gt;Tous les enfants survivants étaient sortis du puit. Ne restaient au fond que quelques corps sans vie et la bande des chiens, encore abrutie par la fatigue de&amp;nbsp; l’effort consenti sur un terrain bien étranger pour elle. Après les mioches, ce fut au tour des chiens d’être extirpés des entrailles de l’édifice par un pied-bot infatigable et omniprésent.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;Alors qu’il portait sur son épaule la dernière bête, à l’intérieur même du trou, après y être revenu, seule façon de délivrer l’animal fourbu, il se sentit comme aspiré par une poignée puissante de géant faite de multiples mains. C’était un groupe de robustes villageois qui l’avait saisi de toutes parts et le tirait à lui avec force et rudesse. Confusément, il comprit que ces gestes n’étaient pas amicaux.&lt;br /&gt; Dans un brouhaha infernal il fut jeté â terre, son corps recroquevillé recevant pour l’accueillir une pluie ininterrompue de coups. Une lune blafarde éclairait la scène, allongeant les silhouettes, leur conférant la dignité des juges et l’impassibilité des bourreaux.&lt;br /&gt; Les coups il les connaissait depuis sa plus tendre enfance. Il avait compris que ces coups là étaient portés pour tuer et non seulement humilier. Comme dans un instant de lucidité suprême, il revécut cette scène qu’il croyait effacé de sa mémoire et qui avait vu son père, ivre et furieux, le battre à grands coups de bâton et le laisser pour mort parmi les rires d’hommes et de femmes étourdis par la violence et l’alcool. Cette scène inscrite en exergue de son histoire revenait aujourd’hui en postface diabolique le surprendre pour l’éternité.&lt;br /&gt;
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<title>La légende du nabot 23</title>
<link>http://commeunebouteillealamer.hautetfort.com/archive/2006/06/05/la-legende-du-nabot-19.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Rufino)</author>
<category>Contes de mon cru</category>
<pubDate>Mon, 05 Jun 2006 07:35:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'bookman old style'; mso-bidi-font-family: arial&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; float: left; border-bottom-width: 0px; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-right-width: 0px&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://commeunebouteillealamer.hautetfort.com/images/medium_250px-lune4.3.jpg&quot; /&gt;L’enfant inspira une bouffée d’air frais, l’avalant comme un alcoolique sa bouteille, s’enivrant d’être simplement là, vivant. Dans la pénombre du crépuscule le groupe des adultes s’était fait plus compact, s’éloignant insensiblement de l’orifice, comme déjà en veillée funèbre. Aussi l’arrivée du premier survivant fut-elle surprise. Soudain, les visages émaciés par la peur, la fatigue et l’ennui, s’éclairèrent à la vue des petits corps qui sortirent de la terre comme des limaces. Les villageois n’en croyaient pas leurs yeux. Ils voyaient ressusciter les uns après les autres, comme de petits Lazare, leurs enfants, prématurément vieillis mais vivants. Certains reconnaissaient leur progéniture, jamais autant chérie qu’aujourd’hui, par le miracle ou l’illusion de l’émotion collective, tombant à genoux, criant, priant, suppliant Dieu en étreignant leurs enfants dans leurs bras meurtris par les efforts consentis pour les extra:ire des entrailles de la terre et de la terreur.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'bookman old style'; mso-bidi-font-family: arial&quot;&gt;Retardée par son fardeau, la remontée du pied-bot passa tout d’abord inaperçue. Personne, tout à la joie des retrouvailles ou dans l’espoir d’une nouvelle apparition, ne semblait voir l’être difforme tout à l’heure conspuée. Sa charge docile lui faisait comme une seconde bosse. Il déposa le corps et, se penchant, il dut admettre son échec. Le bambin était désormais d’un autre monde. Séraphin, il lui adressait de nulle part un signe de reconnaissance en forme d’adieu. Laissant la carcasse reposer dans le frais cresson, bleui par la lune, à présent reine du lieu, le pied-bot se tourna vers l’ouverture pour y rechercher ses compagnons à quatre pattes.&lt;/span&gt;
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<guid isPermaLink="true">http://commeunebouteillealamer.hautetfort.com/archive/2006/06/03/la-legende-du-nabot-22.html</guid>
<title>La légende du nabot 22</title>
<link>http://commeunebouteillealamer.hautetfort.com/archive/2006/06/03/la-legende-du-nabot-22.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Rufino)</author>
<category>Contes de mon cru</category>
<pubDate>Sat, 03 Jun 2006 06:56:48 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; float: left; border-bottom-width: 0px; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-right-width: 0px&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://commeunebouteillealamer.hautetfort.com/images/medium_619957.2.jpg&quot; /&gt;Pourtant, le moment n’était pas à l’apitoiement sur soi même ou sur les autres. Il maîtrisa sa tristesse avant qu’elle ne devienne langueur pour se tourner vers le dernier agonisant. Il fit le pari fou de le sauver malgré l’évidence de sa mort, contre l’adversité et le destin. Pâle, tête nue, la nuque baignant dans la poussière chaude, deux trous rouges au côté droit, il paraissait dormir. Il s’offrait comme une icône décolorée, d’une beauté mystérieuse, irradiant comme de l’intérieur une lumière qui le faisait translucide. Réunissant ses dernières forces, le nabot chargea l’enfant sur ses épaules à la manière d’un portefaix. Plus courbé que d’habitude, il ordonna aux autres d’une voix forte et autoritaire de le précéder dans la remontée, comme ils le pourraient.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;S’agrippant les uns aux autres, guidés par les chiens qui leur servaient de guides pour aveugles ou de cannes, de leurs queues et leurs fourrures, ils commencèrent leur lente et difficile ascension vers la vie. Dans ces boyaux creusés par leurs sauveurs beaucoup perdirent l’espoir d’une vie meilleure, usant leurs forces prématurément. Toute orientée vers la survie immédiate, cette volonté leur manquerait plus tard dans leur existence d’adulte, trop tôt épuisée.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 6pt; text-align: justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Pour pénible qu’il leur parut, le retour à la lumière n’en fut pas moins rapide ou du moins leur sembla telle. Sans doute leur espérance avait-elle contracté le temps car lorsque la première tête hirsute jaillit à la surface, le soleil venait de se coucher à l’horizon.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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<guid isPermaLink="true">http://commeunebouteillealamer.hautetfort.com/archive/2006/06/02/la-legende-du-nabot-21.html</guid>
<title>La légende du nabot 21</title>
<link>http://commeunebouteillealamer.hautetfort.com/archive/2006/06/02/la-legende-du-nabot-21.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Rufino)</author>
<category>Contes de mon cru</category>
<pubDate>Fri, 02 Jun 2006 06:15:00 +0200</pubDate>
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&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; float: left; border-bottom-width: 0px; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-right-width: 0px&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://commeunebouteillealamer.hautetfort.com/images/medium_inon_16.2.jpg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;Deux autres malheureux attendaient de lui un espoir, un dernier réconfort. Dans l’un d’eux le nabot reconnut son plus cruel persécuteur, une vermine d’une dizaine d’année, sans foi ni loi, calamité du bourg et de ses parents, le seul peut- être qui n’aurait pu trouver âme qui vienne prier sur sa tombe pour son salut. Vilain comme une teigne, sa mort l’enlaidissait encore. Son appétit de vivre était pourtant immense. Sa respiration, rendue difficile par une blessure ouverte juste au niveau de sa poitrine, était pourtant un hymne à l’existence, un appel « Sauve moi! ». A sa vue, Nabot sut qu’il ne pourrait rien et il en eut un regret immense, plus grand qu’il n’en avait jamais eu auparavant. Malgré toute l’énergie qu’il mettrait à le sauver, il ne pourrait rien, la main du Passeur divin se tendait déjà, et nul mortel n’y changerait plus rien. Il voulu prendre le malheureux dans ses bras, comme jamais son père ou sa mère ne l’avait sans doute fait. Le gamin se débattit avec colère, et s’écroula après un dernier hurlement de terreur, de rage et de souffrance. Alors le nabot ne put contenir plus longtemps le torrent de larmes qui depuis des heures attendait impatiemment à l’écluse de ses yeux. Ce fut pour le pied-bot comme un soulagement.&lt;/span&gt;
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<title>La légende du nabot 20</title>
<link>http://commeunebouteillealamer.hautetfort.com/archive/2006/06/01/la-legende-du-nabot-20.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Rufino)</author>
<category>Contes de mon cru</category>
<pubDate>Thu, 01 Jun 2006 07:00:23 +0200</pubDate>
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&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; float: left; border-bottom-width: 0px; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-right-width: 0px&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://commeunebouteillealamer.hautetfort.com/images/medium_meduse.2.jpg&quot; /&gt;Nabot avait toujours avec lui une petite fiole d’eau qu’il conservait pour satisfaire sa propre soif ou celle de l’un de ses compagnons d’errance, nouveau frère dans l’infortune. C’est cette enfant qui aujourd’hui pourrait y boire quelques gouttes d’un élixir de pure nature. Délicatement, il porta le petit récipient aux lèvres exsangues de la petite. Elles lui furent comme un torrent de fraîcheur la pénétrant jusqu’au coeur. Elle sentit alors son esprit comme entraîné par ces quelques gouttes, aspirées impétueusement. Elle se laissa aller, épuisée, mais aussi inspirée et sage d’une sagesse de vieille. Elle mourut dans les bras d’un pied-bot et fut vite une nouvelle petite étoile parmi les étoiles de l’univers.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;Les autres enfants blessés se pressaient désormais tout autour du nabot, aussi près que leurs blessures le leur permettaient, se disputant la meilleure place dans leur volonté de survivre malgré la mort annoncée. Il était leur bouée de sauvetage, la bitte qui les amarrait à la vie, leur radeau de la méduse. Il dut les écarter presque exaspéré et pourtant toujours compatissant.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'bookman old style'&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>La légende du nabot 19</title>
<link>http://commeunebouteillealamer.hautetfort.com/archive/2006/05/31/la-legende-du-nabot-19.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Rufino)</author>
<category>Contes de mon cru</category>
<pubDate>Wed, 31 May 2006 07:52:17 +0200</pubDate>
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&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'bookman old style'; mso-bidi-font-family: arial&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; float: left; border-bottom-width: 0px; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-right-width: 0px&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://commeunebouteillealamer.hautetfort.com/images/medium_creation-fiche2.2.jpg&quot; /&gt;Les six autres présentaient de nombreuses contusions et de vilains hématomes mais semblaient pouvoir se déplacer et regagner la surface avec l’aide du nabot et de ses fidèles. Il comprit qu’il ne pourrait rien pour les trois mourants, qu’ils allaient bientôt retrouver, les uns comme l’autre, dans les prochains instants, un paradis ou un enfer, celui des innocents. Son coeur fut empli de compassion comme il l’avait été lorsqu’il avait abrégé les souffrances de la pauvre bête dans l’autre trou. Pourtant, il ne pouvait se résoudre à agir avec ces enfants comme il l’avait fait avec la bête. Cette compassion pour l’être souffrant ne pouvait égaler en lui un respect encore plus profond pour la vie, quelle qu’elle soit, heureuse ou sinistre, du chef-d’oeuvre de la création, l’être humain. Jamais, o grand jamais, il ne pourrait la voler.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'bookman old style'; mso-bidi-font-family: arial&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'bookman old style'; mso-bidi-font-family: arial&quot;&gt;Cette abstention volontaire ne signifiait pas pour lui toute absence de réaction. Il était résolu à tenter l’irréalisable, sauver ces enfants, tous ces enfants. Il s’approcha de la petite fille, celle qui l’émouvait le plus par la douceur de ses traits et la noblesse qu’il devinait naturelle dans un regard pourtant déjà vitreux. La petite respirait difficilement. Curieusement, on aurait pu croire qu’elle n’avait jamais été aussi bien. Pressentant sans doute l’inéluctabilité de sa propre fin, elle semblait aspirer à une tranquillité nouvelle du corps et de l’âme malgré les gémissements que lui faisaient pousser par intermittence les nombreuses plaies qui parcouraient son corps de fillette.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'bookman old style'; mso-bidi-font-family: arial&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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