26.01.2009

Non au non

yesman.jpgJe suis allé hier au cinéma. Pour ne rien vous cacher, je suis un fan inconditionnel de Jim Carey. J’aime tout ce qu’il a fait. Alors évidemment, je ne rate aucun de ses films. Yes man signe le grand retour à la comédie populaire à message positiviste du grand Jim. On ne va pas intellectualiser trop, en disant qu’il s’agit d’un film de transformation, la narration du chemin initiatique du « dépressif urbain mal dans sa peau » qui décide enfin de dire un « oui » d’abord mécanique et enfantin puis en conscience, mature et sage, à la Vie. Ca commence un peu lentement, mais le facétieux Jim nous fait quelques grimaces et c’est partie (son numéro de singeries avec « Norm » m’a éclaté). Au-delà du message simpliste très classique de la culture américaine du « Yes we can », c’est un hymne à la vie et un refus de l’embrigadement par la peur. Un film très Obama donc. J’aime.

19.01.2009

Touche mon corps

 

massage.jpgVoici depuis deux mois que j'ai entamé une formation en "médecine ayurvédique". Je n'ai pas la prétention de devenir médecin (ayurvédique, chinois, ...) mais simplement d'être un peu plus maitre de mon propre corps, comme j'essaie d'être plus maître de mon propre esprit. Etre plus maître signifie sans doute surtout être un peu plus conscient de ce qui ce joue en moi et pour moi. Je ne renonce pas, cependant, à faire profiter autrui des fruits de mon apprentissage. Ce cycle, intitulé "praticien de santé ayurvédique", s'est ouvert avec une formation d'une centaine d'heures en massage. Le massage ayurvédique, avant tout ici de "confort", porte néanmoins en lui une véritable force thérapeutique. Il se caractérise notamment par l'utilisation très généreuse de l'huile de massage et par sa pratique dénudé. Tel que je l'ai appris de mon professeur, Arjit Sarkar, ancien élève du ashram de Sri Aurobindo à Pondichéry, c'est aussi un moment sacré qui débute par l'évocation de la Grande Force de Vie de l'Univers (ici symbolisé par le mantra AUM) et par la connexion à l'énergie cosmique. Le masseur n'est que l'instrument, le médium entre le patient et l'énergie de guérison, la force vitale, le prâna, qui va se diffuser en lui pour harmoniser ses propres flux énergétiques intérieurs.

Je masse  parce que c'est bon de toucher et d'être touché. Je masse pour effacer fatigue et tensions (physiques et psychologiques) quelquefois le corps entier, quelquefois simplement le dos, les membres inférieurs ou supérieurs, toujours le visage). Je masse le soir et quelquefois le matin (je préfère le matin, car je suis plus en conscience). Et puis le massage est un formidable moyen pour renouer le dialogue lorsqu'un conflit  s'introduit dans ma vie, à cause de la fatigue, du stress, en écho à des blessures anciennes non cicatrisées. Il se passe alors quelque chose d'incroyable, le dialogue rompu renait. Le corps dit mieux que le verbe quelquefois. David Servan Schreiber décrit fort justement l'importance vitale de ce moment dans la dernière livraison de Psychologie.

Le massage est un geste vital, je n'y crois pas, je sais.

15.01.2009

« Pourquoi je suis généraliste et pas psychiatre ».

hystérie.jpgL'autre jour je croise celui qui pourrait devenir mon médecin traitant sur Paris. L'homme a la cinquantaine finissante. Le jour de la visite, il m'avait reçu le stéthoscope au cou. Plutôt bon signe. Il toussait plus que moi mais était fidèle au poste. Il m'avait gardé une bonne vingtaine de minutes pour une prescription de presque rien. Je le retrouve donc un petit matin sur le trottoir. Nous nous saluons courtoisement. Il termine sa tournée, il a le temps, il accepte d'échanger quelques mots. Je le trouve fatigué et le lui dit. Il m'explique alors quelques malheurs du médecin généraliste de secteur un. Honoraires insuffisants, charges trop importantes, journées épuisantes. Je lui fais remarquer qu'il reste effectivement longtemps avec ses clients pour ces quelques vingt euros. Il m'explique alors que jeune il avait voulu être psychiatre. « En sixième année, lors de l'un de mes stages d'externat, j'étais dans un hôpital psychiatrique de la région. Un matin, une femme est internée. Le chef de service profite de l'aubaine pour faire un cours sur le syndrôme de conversion hystérique. La femme est accompagnée de son mari. Le tableau clinique est complet. Fier de lui, de son savoir, le chef de clinique dépeint, argumente, tout y est. Quelques jours plus tard, la femme est transférée d'urgence en cancérologie dans un hôpital voisin. Elle est totalement métastasée. Tous les symptômes de l'hystérie me disait mon chef de clinique? Voilà pourquoi je suis devenu médecin généraliste ».

12.01.2009

Constellations Familiales, le retour.

constellation janvier.jpgJ’assiste la semaine dernière à ma deuxième séance de Constellations Familiales au centre Notre Dame des Champs.  Michel Diviné est aux commandes,  secondé par sa fille Sarah. Auteur et formateur, Michel intervient dans la lignée de l’orthodoxie de la discipline popularisée par Bert Hellinger.

Nous sommes assez nombreux pour cette séance qui va durer trois heures, une bonne quinzaine de personnes. Curieusement, ni Michel, ni Sarah ne semblent se souvenir de moi (pourtant, Sarah m’avait gratifié à l’époque d’un « je sais pourquoi il a eu un cancer de la prostate, il méprise les femmes ! » péremptoire et très bienveillant d’un point de vue thérapeutique, glups !).

Le rituel peut commencer, après avoir réexpliqué en deux mots ce que sont les CF, la réintégration d’un membre  exclu du système familial (mort, avorté, enfant renié, suicidé, …) Michel fait le tour du groupe pour connaître les demandes de chacun qui vont du « je suis insomniaque » à « je suis perdue », en passant par « je ne sais pas gagner d’argent » et bien sur les deux « pourquoi mon cancer ? », dont le mien, il va de soi. Au passage, j’apprends que dans le conte « La cigale et la fourmi », la fourmi est la mère de la cigale (ça peut s’entendre).

Le bénéficiaire de la constellation est désigné par le sort, Michel fait tourner une cuillère sur elle-même, elle pointe sa queue et c’est l’insomniaque qui commence. Celui-ci désigne un représentant qui va « jouer » son rôle, puis des représentants de son univers, personne ou nominalisation (le destin, la mort, le sort, l’argent, …). Michel est le maître de cérémonie, il pose des questions, désigne par ses connaissances, son intuition et son intelligence, les personnages clés et les réinscrits dans l’espace lorsque ce ne sont pas les représentants eux-mêmes qui se meuvent, s’expriment, poussés par je ne sais qu’elle fulgurance intérieure. Quelques instants plus tard, un nouveau tableau s’est formé, l’espace est occupé différemment, une paix s’installe là ou il y avait le chaos, une compréhension nouvelle s’inscrit dans l’esprit du bénéficiaire. Tout cela est assez étonnant. Il suffit de lâcher prise et ça marche.

Après la pose, une participante propose de déroger à la règle et de permettre aux deux cancers de passés. Tout le monde est ok, c’est mon tour. Je sais déjà ce qu’il va advenir car j’ai beaucoup travaillé le sujet. Néanmoins, je suis plus que curieux. Je désigne mes représentants, moi d’abord, puis la raison de mon cancer (une jolie jeune femme !), ma femme qui me gratifie d’un « tu paieras par la ou tu as péché mon cochon (la prostate de l’infidèle) », et puis mon fils handicapé. La jeune fille devient sa mort. Il la regarde en face. Il me dit, « je suis assez fort pour être face à ma mort, ne prend pas ma mort papa, c’est mon destin, pas le tien ». Je pleurs à ma place à l’extérieur du cercle, « je sais mon fils » prononce mon représentant. Sur ma chaise,  j’accepte aussi, la paix s’installe en moi. Fin de partie, je rejoints le groupe et me met à l’endroit exact ou était mon représentant. Je suis en paix avec mon fils, la mort de mon fils, je m’appuie sur mes parents et les parents de mes parents. Je peux vivre.

Franchement, je ne sais pas comment ça marche, mais ça marche pour moi.

02.01.2009

Regarde mieux

BONNE ET HEUREUSE ANNEE A TOUS, CHERS LECTEURS

 

desert.jpgUn autre conte inspirant sans doute fort utile pour ce temps si particulier d'une nouvelle année qui commence.

 

« Christian avait toujours vécu dans la foi la plus pure. Aujourd’hui, ses frères le conduisaient vers son ultime demeure. Son âme voguait entre deux mondes, là ou l’être peut revisiter un moment son existence terrestre. Observant sa longue vie, Christian se rendit compte combien son pas était léger lorsqu’il traversait des moments de joie et de bonheur, combien il était lourd et inscrivait de profondes marques sur le chemin aux instants de peine et de souffrance. Regardant encore, Christian observa que dans les moments de joie, une autre empreinte accompagnait son pas, la trace de Dieu. Dans les moments de peine, par contre, il ne voyait rien. Christian se tournant vers le très haut s’écria :"Père pourquoi m’as-tu abandonné alors que j'étais en peine et que ma vie était souffrance?". La voix de l’Eternel lui répondit: "Regarde mieux, les jours de souffrance alors que tu tombais, je te portais ».

Pour les curieux, ces deux derniers contes sont des réécritures de contes dénichés chez Nature et Découvertes, dans une collection dirigée par Henri Gougaud

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