30.12.2008

On se tient tous par la barbichette

i92621couv946.gifA lire dans la dernière livraison de Courrier International un article fort intéressant qui témoigne de la fragilité de notre modèle de civilisation. En gros la thèse: plus une civilisation est complexe plus elle est fragile. Certains prétendent l’inverse. Ici, on nous explique que dans une civilisation peu complexe (à l’exemple de la civilisation féodale), la disparition d’un individu ou d’un petit groupe d’individus n’a pas d’influence sur l’ensemble du système social. Il y est ou ils sont immédiatement remplacés, il n’y a pas de « goulot d’étranglement ». Au contraire, dans notre monde ultra sophistiqué, la disparition définitive ou momentané d’un groupe ou d’un individu (suite à une épidémie – ou un attentat - par exemple, phénomène très probable d’un point de vue statistique) peut occasionner la panne de l’ensemble du système. Ex. la chaîne logistique. Nos entreprises travaillent désormais en flux tendu (zéro stock), il suffirait qu’un nombre significatifs de camionneurs soient touchés pour que l’ensemble du système de production soit mis à bas. La mondialisation et l’interconnexion des économies au niveau international, rend le phénomène encore plus prégnant. Notre civilisation est fragile.

Mon commentaire : et si nous retrouvions la sagesse d'une re localisation bien pensée pour retrouver des entités micro-culturo-socialo-économiques régionales autonomes mais  interconnectées et SOLIDAIRES. Un monde fait de micro mondes, un monde holotropique. 

29.12.2008

Du hasard et de la nécessité

bourw06.gifVoici un petit conte qui m’a inspiré. 

« Rachel et Schlomo étaient mari et femme. Nul n’avait vu jamais couple si harmonieux et si pieux. Dans la main de Dieu, l’union de ces jeunes gens s’annonçait fertile et chacun lui prédisait une descendance nombreuse. Pourtant les mois passaient, les années s’écoulaient sans qu’aucun fruit ne croisse dans le ventre de Rachel. Au désespoir, les jeunes gens allèrent voire le très sage Rabbi Moshe, un saint d’entre saint. Celui-ci, touché par les plaintes du couple s’adressa au très haut. "Yahvé, Yahvé, pourquoi ces deux là n’enfantent pas pour ta gloire et celle d’Israël ?" Yahvé, lui répondit que le destin de ce couple n’était pas d’enfanter. Rabbi Moshe fut très triste d’apprendre cette nouvelle. Il eut une prière de compassion pour Rachel et Schlomo. Et puis, par crainte de les croiser et de devoir leur annoncer la terrible nouvelle, il décida d’éviter leur maison et le chemin qui y mène. Quelques années passèrent, Rabbi Moshe priait souvent pour Rachel et Schlomo, compatissant à leur probable douleur. Un jour, Rabbi Moshe, dut, à contre cœur, croiser à nouveau le chemin qui mène à la maison de Rachel et Schlomo. Approchant de leur foyer, il fut interloquer de croiser une premier enfant, puis un second et un troisième encore. Jetant un regard par-dessus la haie qui protège la demeure du regard des passants, Rabbi Moshe surprit la belle Rachel donnant le sein à un quatrième enfant. Rachel était-elle veuve, divorcée, remariée ? Rachel croisa alors son regard et le visage radieux s’empressa de lui demander d’entrer. Schlomo les rejoignit. Le couple et ses enfants lui firent fête, le remerciant pour ses prières qui avaient permis qu’ils enfantent par la grâce de Dieu. Rabbi Moshe repartit un moment plus tard, les bras chargés de présents, quelque peu confus. De retour chez lui, il s’adressa à Yahvé en ces termes. " Très grand et très juste, pourquoi as-tu menti à ton serviteur". Yahvé, souriant, lui répondit, "Moshe ne sais tu pas que seule la prière d’un saint peut détourner le cours du destin ?" ».

22.12.2008

Nouvelles du front

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Voila trois ans bientôt que je vis avec le cancer. La cohabitation n’a pas été très simple. La nouvelle est venue comme un grand coup de matraque sur la tête. La peur de mourir, l’obligation de voir ma vie et la perspective de la fin ma vie en face. Me battre pour survivre, voir autour de moi les réactions des uns et des autres. Souffrir du manque d’amour ou d’expression d’amour (ce qui revient au même) de mes proches, surprendre des gestes compassionnels la ou je ne les attendais pas. Me redéfinir, ou plutôt me voir tel que je suis, m’accepter, repositionner mon propre sens des choses, mes priorités, … un travail long et laborieux, plein d’embûches, de voies sans issues, de traquenards quelquefois.

Pendant ces trois ans j’ai connu la peur, plusieurs fois, l’espoir, aussi, la déception, la dépression, et puis quelque chose de plus fort que tout, même plus fort que l’espoir, la conscience de l’instant présent, la vacuité, la pure conscience d’être.

Après l’opération, la radiothérapie, j’ai subi l’hormonothérapie et sa compagne l’absence de désir, de libido, la dépression. J’ai arrêté le traitement ensuite plusieurs mois dans l’espoir d’une guérison plus naturelle (homéopathie, alimentation végétarienne, cure Breuss, auto-hypnose, hypnose, magnétisme, visualisation, méditation, …). Malheureusement, le cancer est reparti à l’attaque de mon corps. Il faut dire qu’à l’époque, je n’étais pas du tout serein. Peut-on réussir à se guérir au naturel en étant extrêmement stressé par sa vie ? Ma réponse est non.

Pour survivre, même dans des conditions de confort dégradées, j’ai repris le traitement en hormonothérapie. Mes Psa ont repris une course plus favorable les effets secondaires aussi. Depuis quelques mois, je suis un traitement allégé, qui accompagné par une aide positive de molécules chimiques, m'a redonné désir, libido et puissance.

Ma vie aussi s’équilibre progressivement, et les projets se développent à nouveau.

Pour tout dire, je suis heureux, c’est la voie de la guérison.

17.12.2008

A lire d’urgence

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Je reçois un exemplaire du dernier numéro de « Sciences Humaines » intitulé « Spécial n°200, Pensées pour demain ». Après qu’il ait traîné quelques jours, je me décide à l’ouvrir et là je découvre une série d’articles passionnants sur l’état des sciences humaines, les débats qui les traversent, les connexions avec les sciences dures, les principales tendances de la pensée contemporaine. Complexité, mondialisation, interconnexion, incertitude, spiritualité, hasard et destin, éthique, la pensée contemporaine est foisonnante et ouverte. C’est du Bateson, du Morin, de l’Erickson en action. Décidément, je me sens bien dans ce siècle, très 7. Franchement à lire d’urgence, vous n’apprendrez rien mais vous découvrirez ce qu’il est nécessaire de chercher (où pas,…). Pour vous mettre en appétit quelques titres d’articles :

 

-         la naissance d’une histoire-monde

-         A quand un marché des organes ?

-         Quand Dieu refuse de mourir

-         Géopolitique des sentiments

-         Les lumières au japon

-         Vers un monde 2.0

-         De nouvelles thérapies à foison

-         L’art de piloter sa vie

-         L’ère du Care.

 

A vos lunettes !

Secret défense

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Hier j’apprends qu’une bombe non active a été découverte dans les toilettes pour dames du Printemps Haussmann semant la panique sur les grands boulevards. Echo réel d’une fiction visionnée récemment. Secret défense n’est pas et de loin un film parfait. La psychologie des personnages est bâclée de mon point de vue ou alors c’est l’interprétation des acteurs ou le casting, en tout cas c’est pas très bon en matière de « jeu ». Pas une œuvre d’art donc. Il reste  un témoignage sur la face cachée, sombre de notre démocratie. On s’imaginait bien que c’était comme çà, en même temps cette ultra violence des « services secrets » évoque une guerre permanente ou la règle est qu’il n’y a pas de règle, la morale qu’il n’y a pas de morale. Paradoxalement, la transparence, l’idéal est du côté des « méchants », la manipulation  et le cynisme que côté des « gentils ». Leitmotiv du film, « un agent n’est pas un être humain c’est une arme ». Les questionnements philosophiques sont nombreux et notamment  la question de la fin justifiant les moyens. Une démocratie ne peut-elle survivre qu’en utilisant des moyens non démocratiques ?

J’étais fatigué lorsque j’ai vu ce film, il m’a pas mal déprimé. Finalement, le journal de 20h00 durant deux heures trente, j’aurai pu éviter.

16.12.2008

Objet Culte

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J’ai été assez « bouké » ces derniers temps, d'où un silence coupable. Je reprends la série des notes par une proposition. Et si vous me disiez quel est ou quels sont vos objets cultes ?

 

Pour moi, l’objet culte, c’est la madeleine de Proust qui s’actualise. Il évoque le passé, mais se manifeste dans le présent. Mon premier objet culte : la sucette « Chupa chups » au Cola. Elle m’évoque mes vacances en Espagne, tout petit, mon enfance rue du Hohwald à Strasbourg, lorsque j’allais la chercher à la boulangerie Müller avec les vingt centimes que me donnait ma mère comme argent de poche. Ah Mme Müller ! Quelquefois, il suffisait de se tenir quelques minutes devant sa vitrine, pour qu’elle sorte de son magasin et m’offre un petit pain ou un « maenele ». Générosité et compassion au quotidien.

 

Lorsque je fais Paris-Strasbourg en voiture sur la RN4 (jamais l’autoroute), je m’arrête à l’aire de Sommesous et m’achète un Chupa chups au Cola.

01.12.2008

Racines

sabrina.jpgEtre né espagnol d’une émigrante espagnole venue en France en 1950, d’un père espagnol absent, non reconnaissant, à Strasbourg, capitale germanique de l’Alsace, contrée aux racines elles-mêmes confuses, être naturalisé français quatre ans après, n’aide pas vraiment à se créer une identité. Que suis-je, alsacien, français, espagnol, fils illégitime, bâtard ? Quarante-huit ans à tenter de trouver une réponse à la question lancinante de l’identité. La stratégie inconsciente et puis de plus en plus consciente d’autodéfinition de soi est d’une banalité ou d’une simplicité spirituelle (pour ne pas dire bibliqueJ), dialectique : j’adopte, je repousse, je réconcilie.

Depuis un jour je suis à nouveau espagnol par application de la loi 36/2002 du 8 octobre2002, j’ai choisi un prénom pour mon père absent (article 191 du règlement de la loi du Registre Civil).

Je choisi ainsi mes racines, français et espagnol, et me donne le nom du père.

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