07.08.2006
Nouveau sexe ?
J’avais déjà entendu parler de cette nouvelle tribu, les « asexuels ». Libé, hier, en reparle sous le titre « Asexuels, nous sommes heureux ». En gros, il s’agit de personnes, femmes ou hommes, n’ayant pas d’attraction sexuelle, pas de désir. L’émergence de cette nouvelle orientation sexuelle, aujourd’hui, devrait nous interroger sur l’évolution de notre société. Est-ce un triomphe de l’idéologie puritaine nord-américaine (le mouvement est d’origine anglo-saxonne) ? Cela étant, le discours sur le désir et l’extinction du désir est aussi un discours qu’on rencontre dans le bouddhisme. Si j’en parle aujourd’hui, c’est que je vis depuis quatre mois une nouvelle expérience. Celle de l’atténuation, peut-être de la disparition, du désir sexuel. Pour le traitement contre le cancer de la prostate, cancer « sexué », l’une des moyens utilisés est l’inhibition de la production des hormones sexuelles. Les deux médicaments, le Casodex (une pilule quotidienne) et le Decapeptyl (une injection trimestrielle) ont cet objet, ce sont des anti-androgènes. D’un point de vue physique, je ressens surtout une prise de poids (mais quelle est l’influence de l’absence quasi absolue d’activité physique !), une croissance des pectoraux (pour ne pas dire des seinsJ), je deviens glabre, et surtout une thermorégulation très approximative (bouffées de chaleur). D’un point de vue psychologique, je ressens, très nettement, une perte de désir pour le sexe opposé. Ce n’est pas de l’impuissance, mais désormais pratiquer l’acte sexuel suppose un effort de la volonté. C’est assez étrange comme situation. A la fois, je vis une sorte de repos qui n’est pas désagréable et en même temps s’actualise un questionnement sur la nature du désir. En effet, auparavant, j’étais assez tourmenté par ma libido. Celle-ci m’a amené quelquefois à poser des actes qui n’ont pas forcément été toujours bien pesés. Aujourd’hui, encore une fois, la tension du désir doit faire l’objet d’un acte de la volonté. Ce qui est remarquable, c’est que cette situation, auquel je réfléchi depuis quelques temps, était désirée. Elle a même fait l’objet d’un travail psychologique. Aujourd’hui, je suis allé, à mon corps défendant, au-delà de mon objectif premier. Cela m’ouvre un trésor (j’allais écrire un abîme) de réflexion. Et vous ?
09:45 Publié dans Regards | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
Commentaires
T'imagines que j'ai bien quelque chose à dire...besoin d'être un peu plus posée...je n'oublierai pas!
bisou,
Is
Ecrit par : Isabelle | 07.08.2006
Je serais tentée de différencier l'oubli du corps (avec son cortège de refoulements pas très sains), un cheminement où le désir évolue, les causes "externes" comme les médicaments, la relation au partenaire, etc ...
Il y a certainement aussi combinaison de tout ça.
Question à creuser ...
Amicalement
Ecrit par : dominique | 08.08.2006
au moins cette situation n'emêche visiblement pas la masturbation intellectuelle...
Lorine qui se pose moins de question sur le sujet. Pas vraiment, même.
Ecrit par : Lorine francescato | 08.08.2006
Lorine,
Kesako "masturbation intellectuelle"?
Rufino
Ecrit par : Rufino à Lorine | 09.08.2006
En effet, il faut creuser.
Bat,
Rufino
Ecrit par : Rufino à Dominique | 09.08.2006
Ah bon même ça tu ne vois pas?...ah effectivement..dans ce cas.
Bon alors prenons une métaphore: Tu imagines ( cela peut quelquefois tourner au fanatsme) ...mais finalement rien ne se passe de concret sinon l'illusion du plaisir.
L'onanisme a ceci de caractéristique , jeune padawan...il ne permet pas le partage.
Fatiguée de ne pas te voir avancer plus vite je suis.
Lorine
Ecrit par : Lorine Francescato | 09.08.2006
Oui sentiment etrange j'imagine .... néanmoins il me semble camarade que tu exagères la poussée de tes seins ... il ne m'a pas paru la semaine dernière que tu étais passé en 95 C ... ni que tu avais pris 30 kg ....
A bientôt :) C'est mon dernier jour à la meinau et j'attaque mercredi de l'autre coté !!! Une nouvelle page qui va s'écrire ... je te raconterai tout ca
Ecrit par : jl | 11.08.2006
Qu'est-ce que le désir? une envie? un élan? une poussée vers l'autre? vers soi? vers la vie? et vers la vie sous quelle forme?autant de questions... ton post pourrait être le sujet complet d'un blog.
L'exctinction du désir devient-il un manque? un regret? Ton post suscite beaucoup de questions. Je le lis et le relis...et je suis loin d'être une sage détachée. Mais le détachement est-il l'absence de désir? et lycée de versailles...
Maintenant, peut-on confondre libido, ou plutôt absence de libido et absence de désir?
Mon cher Rufino, je suis perplexe et, à moins d'une dissert en 3 points sur 300 pages, je n'en sors pas!
A creuser...
Et en attendant, un bisou basqueu!
Is
ps: p...c'est bien, ici! un désir assouvi...
Ecrit par : Isabelle | 15.08.2006
Ce genre d'expérience, je devine, permet de relativiser l'idée selon laquelle on peut dissocier corps et esprit. Finalement, le corps et l'esprit sont intimmement liés, les idées que nous pouvons avoir, celles liées au désir sexuel, notamment, sont directement liées à la présence ou non de substances chimiques, qu'elles soient naturelles ou non.
Ecrit par : porno amateur | 15.03.2007
Ecrire un commentaire