22.06.2006

Danger libéral

medium_Mermet3.jpg Aujourd’hui, une enquête par testing nous informe que 41 % des spécialistes et 39 % des dentistes refusent leurs soins aux bénéficiaires de la couverture universelle de santé (cmu). La médecine à deux vitesses est désormais chez nous. Merci la déontologie médicale.

 

 

 

J’apprends le retrait de la grille de à 17H00 de l’émission « Là-bas si j’y suis » de Daniel Mermet. Elle est recalée à 15h00. A la veille des élections présidentielles c’est troublant. L’émission de Mermet a un ton libertaire, anarchiste et de gauche qui dérange sans doute la pensée unique libérale. On peut refuser cette fatalité en étant solidaire de Mermet. Pétition sur http://petition.la-bas.org/. Je suis le 19ème GOMEZ a avoir signé la pétition et vous ?

 

19.06.2006

Résumé des épisodes précédents (XXXIII)

medium_CIMG2818.JPGHier, c’était la fête des pères. Dans le fond, j’en ai rien à faire de la fête des pères. Et pourtant… Lorsque j’ai déballé les cadeaux des enfants (six magnifiques mazagrans en terre et six superbes bols à thé) j’ai eu un fugace pincement de chaleur cardiaque. Marie-Claude avait décidé d’inviter les pères de sa famille. Son père, veuf, depuis bientôt un an, sa sœur et son mari, son frère, sa femme et tous les enfants de sa branche. Moment en écho de la communion contée en Résumé des épisodes précédents (XVII). Cette fois-ci, c’est nous, c’est moi la « puissance invitante ». Cette rencontre familiale m’a été l’occasion d’un mini scène. J’avais projeté de participer à un salon du bien-être. Toujours à cheval sur deux projets, j’ai souffert lorsque Mc m’a demandé de choisir. J’ai choisi la famille. Après un moment, j’étais ok avec elle. Le matin, alors que je m’affairais autours des plats, j’ai décidé de faire bonne figure. Mieux encore, tourner mon attention et la soutenir vis-à-vis de tous les membres de ce groupe, afin que chacun soit au mieux à ce moment. « Programmé » de cette intention, j’ai effectivement réussi à être vraiment là. Ce fut miraculeux. J’ai été plutôt bien (pourquoi plutôt, j’étais bien) et je crois que chacun l’a été dans sa mesure. Même mon bof ! Et si mon attention, assumée, changée ma vie (et celle des autres)?

17.06.2006

Planète Foot

medium_foot.jpgEn été, je me lève toujours très tôt. Genre 5h30, 6h00. J’aime ce moment où, je suis seul, il fait encore frais. Je déambule dans la maison, j’ouvre les fenêtres pour faire entrer cette fraîcheur. Il y a, prés de chez moi, une épicerie-boulangerie-bureau de tabac, j’y vais chercher très tôt mon journal et les croissants qui régaleront deux heures plus tard ma petite famille. En attendant, je vais très tranquillement, boire mon café et lire. Le journal local bien entendu et toujours un national, soit Le Monde, Libé, Aujourd’hui en France ou… Le Figaro. Ce matin, c’est le tour du Figaro. Ca fait un siècle que je n’ai plus acheté l’édition du WE. L’impression générale est toujours la même. Vraiment un canard de droite avec des idées de droite. Côté Figaro Magazine, c’est pire encore. Un côté petit bourgeois XVIème vraiment atroce pour moi fils de prolo et anar à mes heures (bon, pas mal petit bourgeois de province quant même, faut pas exagérer !). Ce matin, je trouve tout de même  un article qui me fait plaisir. Son titre « Football : la mondialisation d’un fléau émotionnel ». C’est écrit par deux universitaires Jean-Marie Brohm et Marc Perelman. Ils n’y vont pas de mainmorte. Le foot est vecteur d’une « pandémie planétaire d’infantilisation et de crétinisation des masses » disent-ils. Nos auteurs expliquent comment selon eux (et j’en suis d’accord) le football est aujourd’hui un objet symbolique majeur du phénomène de la mondialisation libérale. Il est tout à la fois une illustration de son fonctionnement (profonde fracture sociale, illusion d’une unité politique retrouvée, corruption à chaque degré, spectacle permanent), un vecteur de mondialisation (diffusion massive des produits et sous-produits de la « pseudo-culture foot ») et une arme -opium d’anesthésie des masses (« la planète est envahie par une peste émotionnelle partagée… »).

Bon moi, depuis que je suis petit, je hais le foot. Je m’y étais vaguement essayé sous la contrainte d’un professeur d’EPS mono maniaque. Je me suis retrouvé à l’hôpital avec un tibia gros comme une citrouille. Depuis lors, j’ai passé l’essentiel de mes heures d’Eps avec une poignée de récalcitrants à glander sur une pelouse au soleil (d’où une certaine appétence pour le farniente avec un bouquin ?). J’avoue que Chirac et la coupe du Monde avec l’équipe Black-blanc-beur m’avaient un moment détourné de ma névrose anti footeuse. J’étais heureux de cet élan national retrouvé, de cet effet bonne humeur sacrément absent du paysage collectif de par ici. Mais cela n’a pas duré.

Aujourd’hui, j’ai mon fiston qui est fana du foot. Handicapé, il passe des heures sur sa PS2 à re jouer les parties du Mondial et ne raterait pas un match de l’équipe de France.

Pour lui, je suis heureux que le foot cela existe. Les choses ne sont pas si simples…

16.06.2006

Résumé des épisodes précédents (XXXII)

medium_arbre.gifFaire confiance à la vie.

 

 

Alors que j’apprends en lisant le livre de Sandra Maitri « Les neuf visages de l’âme » (j’y reviendrai) que l’une des pertes spirituelles de mon ennéatype est « (qu’il) a le sentiment d’avoir perdu sa place dans le vaste modèle de déploiement de l’univers…Sa solution consiste à prendre les choses en main et à s’efforcer de …faire cadrer son propre processus », j’ai depuis quelques semaines décidé de laisser faire les choses et de respecter l’ordre naturel des évènements, ne pas planifier comme un forcené (l’une de mes tendances). Au fond, laisser faire et lâcher prise sur le contrôle du futur. Ce matin deux nouveaux coups de fil professionnels. On me demande notamment d’animer à Paris un stage sur l’ennéagramme à partir du 26 juin. J’en rêvais, c’est fait.

 

15.06.2006

Résumé des épisodes précédents (XXXI)

medium_college.jpgVoila c’est la fin des années collèges. C’est troublant de ce rendre compte combien des choix de vie fondamentaux sont liés à nos enfants. Nous sommes arrivés à Truch pour permettre à Thibaut d’aller seul, avec son fauteuil électrique, au collège, d’où l’achat de notre maison sur une colline en surplomb du collège. Titi a quitté le collège l’année dernière. Nous avons pensé un temps revenir à Strasbourg et puis, la difficulté de trouver un appartement sympathique, la pollution, …, le confort de notre havre de paix nous a fait renoncer. Aujourd’hui c’est Julie, notre fille qui va entrer au lycée. Du coup, toute la famille va migrer chaque jour sur Strasbourg (sauf moi, puisque je m’installe professionnellement à la maison à partir de ce mois – il paraît que cela s’appelle du « home working »). Bonne raison pour réexaminer notre situation ?

 

Ces années collèges ont été un vrai bonheur. Le collège de Truch, piloté avec amour, par Jean-François Diss, son principal, a été pour nos enfants un merveilleux endroit de travail et d’apprentissage. Nous sommes, Marie-Claude et moi, reconnaissant à toute l’équipe pédagogique d’avoir simplement « bien fait » son boulot. L’âme d’un collège c’est son principal, Jean-François a une âme grande comme çà…

 

Le final des années collège pour Julie, c’est deux superbes spectacles, qui l’ont fait grandir en chantant et en dansant avec 120 autres camarades sous la houlette du maître de chant Philippe Utard. Quel enthousiasme, quel travail, quelle beauté. L’éduc nat a tenu ici (brillamment) son rôle.

 

Un chapitre s’achève un autre s’annonce, adelante ninos !

 

Avionnite aiguë

medium_513041.jpgC’est dingue, on pourrait passer sa vie à pointer du doigt de la honte la vilenie de nos dirigeants et des errements moraux du capitalisme. Dernière nouvelle en date, certains dirigeants d’EADS auraient anticipé la crise actuelle et vendu avec moult profit la totalité de leurs actions de la susdite entreprise. Enfoirés de tous les pays donnez-vous la main. Franchement, cela finit vraiment par devenir fatiguant.

14.06.2006

CNE et libéralisme triomphant!

medium_arton935.jpgBon, voila, maintenant c'est clair, le CNE, tant vanté par Decidor Terminator (copyright Etchegoyen), apparaît vraiment comme une super période d'essai :

- peu de créations nettes d'emplois plutôt un "effet d'aubaine",

- un tiers des CNE rompu dans les six mois (bien plus que les CDI classiques),

- un risque de perte sèche d’emploi à la fin de la période de deux ans.

C'était évident, notre énarchie présentait l'inverse. Même le bon Monsieur Sylvestre le confirme, c'est vous dire...

Vive la flexibilité !

Dans le même ordre d’idée, reportage, hier soir sur Arte - présentation de la plus grande ville du monde en Chine. Chongqing, capitale économique de l'Ouest chinois, une ville-champignon de 30 millions d'habitants qui absorbe chaque année 200 000 nouveaux arrivants. Cela fait froid dans le dos. Le libéralisme dans une expression violente inouïe. Les chinois sont ici dans une volonté de conquête assumée. Brrr. A quant les chinois à Paris?

La violence du libéralisme est présentée encore avec un reportage sur Dubaï. D'un côté de la ville, des hordes de salariés esclaves tentent de survivre vaille que vaille, de l'autre la bourgeoisie locale et internationale se vautre dans le stupre de la consommation matérialiste la plus effrénée. Mermet nous l’avait déjà présentée sur les ondes. Là, on voit.

Au final, un Pascal Lamy, président socialiste de l'OMC, interviewé avec complaisance,  nous explique que tout cela est inéluctable. Socialiste?

13.06.2006

Main

medium_PICT0011.JPGDonner la main. Ce matin, j’ai envie de vous parler de mon ami Alain. Alain Ligier est pour moi l’incarnation de l’Artiste. Imaginez un type de taille moyenne, le corps sec et musculeux à la manière d’un boxeur poids moyen. Il a aussi le dos voûté du boxeur, il doit avoir une sacrée droite, l’Alain. Pourtant, émerge de ce corps d’athlète un visage d’enfant au regard très doux. Alain a (presque) toujours un doux sourire, un peu triste sur son visage. Alain s’est donné à l’art à la manière des artistes romantiques du 19ème siècle. Il ne lâche rien au conformisme du temps. Pour vivre et faire vivre sa famille, Alain est jardinier. Son domaine, le parc de la Citadelle à Strasbourg. Alain, c’est quelqu’un qui fait pousser des fleurs de poésie sous ses pas. Après la tempête de 1999, il a été à l’initiative d’une merveilleuse initiative. Faire revivre le bois tombé dans des œuvres d’art. Au fil du temps, c’est toute une petite troupe d’artistes, professionnels et amateurs, qui l’a rejoint pour créer un musée vivant, à ciel ouvert sur un petit coin de ce parc. Les instances officielles ont eu, jusqu’à présent, mais rien n’est jamais acquis, l’intelligence de ne pas empêcher ce projet. Il s’appelle Collectif Après l’ouragan (Alain Ligier, Fredj Cohen, Ralf Klause, Jeremy Page, Gauthier Sibillat, et d’autres encore). Voila comment ils présentaient leur travail : « La création artistique est la continuité du big-bang dans la création, combinaisons d’atomes, dépenses d’énergies, combustions de neurones et acte d’amour insensé dans la nouveauté de chaque jour. Dans le bois, la création est encore possible, le regard et le propos de l’artiste intervenant en forêt sur la ligne du passage d’un ouragan situent son oeuvre dans l’espace physique d’une terre vivante et à l’échelle de celle-ci, prend la mesure de son travail. Des oeuvres d’art en forêt, l’idée n’est pas neuve mais elle fait ses preuves, elle permet d’aborder l’art comme une proximité, libéré du sceau des musées, comme le jardin d’un Versailles sauvage pour l’âme ».

Récemment le collectif a eu son heure de gloire, papiers dans les journaux et émission radio dans Travaux Publics de Jean Lebrun et grande fête des amis du parc et des artistes.

Lorsque Alain m’a su malade, il s’est mis au travail et m’a fait cette main en bois brute. Main de l’amitié, énergie de l’espoir. Merci Alain.

12.06.2006

Résumé des épisodes précédents (XXX)

Vortex 

 

medium_180px-Airplane_vortex_edit.jpgDepuis plus d’une semaine, je retravaille. Je dois dire que je suis assez facilement crevé (comme une roue). Il me faut du temps pour récupérer. Il est clair que, si je veux m’en sortir, il va falloir que j’y aille doucement.

Pourtant, en quelques jours, j’ai eu plein d’opportunités de travail. Bien plus  que ce que je suis capable de traiter seul.

Plusieurs types de pensées me sont venus. Dois-je répondre à toutes les demandes, au risque d’une fatigue physique croissante et surtout d’une perte de contact avec ce que j’ai découvert en moi (ce qu’Annie, ma psy, a très judicieusement appelé l’Etre) ? Suis-je, à un niveau métaphorique, l’objet d’une tentation ? L’activité dans le monde, m’est apparue comme un Vortex assoiffé et puissant, auquel je devrais résister. Faut-il et pourrai-je trouver cet endroit subtil, en équilibre, qui est celui ou l’on bénéficie à la fois de la force d’attraction du monde et de la force de stabilité du Soi ? L’endroit est, bien entendu, moins un lieu qu’un état et moins un état qu’un processus. Etre dans l’expérience tout en étant dans son Etre comme m’y invite Cagliostro ?

J’ai, à nouveau, vécu, douloureusement, l’expérience déjà relatée du dire ou ne pas dire. Je disais à Annie que cette expérience du secret dévoilé (pour un maçon cela n’est pas banal), est peut-être une réminiscence du secret de mon enfance, lorsque ma mère nous disait de dire que notre père était mort. Un secret que j’ai dévoilé en tentant, comme j’ai pu, de préserver ma mère. Secret en écho de mon père qui cache à ses enfants, l’existence de ses deux premiers jumeaux, moi et mon frère. Secret, secret…

11.06.2006

De Qui Est-ce?

medium_trcontolog.gifPetit jeu pour printemps finissant. De qui est ce texte magnifique? "Je ne suis d’aucune époque ni d’aucun lieu ; en dehors du temps et de l’espace, mon être spirituel vit son éternelle existence et, si je plonge dans ma pensée en remontant le cours des âges, si j’étends mon esprit vers un mode d’existence éloigné de celui que vous percevez, je deviens celui que je désire. Participant consciemment à l’Etre absolu, je règle mon action selon le milieu qui m’entoure. Mon nom est celui de ma fonction et je le choisis, ainsi que ma fonction, parce que je suis libre ; mon pays est celui où je fixe momentanément mes pas. Datez-vous d’hier, si vous le voulez, en vous rehaussant d’années vécues par des ancêtres qui vous furent étrangers ; ou de demain, par l’orgueil illusoire d’une grandeur qui ne sera peut-être jamais la vôtre ; moi, je suis Celui qui Est. Je n’ai qu’un père : différentes circonstances de ma vie m’ont fait soupçonner à ce sujet de grandes et émouvantes vérités ; mais les mystères de cette origine, et les rapports qui m’unissent à ce père inconnu, sont et restent mes secrets ; que ceux qui seront appelés à les deviner, à les entrevoir comme je l’ai fait, me comprennent et m’approuvent. Quant au lieu, à l’heure où mon corps matériel, il y a quelque quarante ans, se forma sur cette terre ; quant à la famille que j’ai choisie pour cela, je veux l’ignorer ; je ne veux pas me souvenir du passé pour ne pas augmenter les responsabilités déjà lourdes de ceux qui m’ont connu, car il est écrit : "Tu ne feras pas tomber l’aveugle." Je ne suis pas né de la chair, ni de la volonté de l’homme ; je suis né de l’esprit. Mon nom, celui qui est à moi et de moi, celui que j’ai choisi pour paraître au milieu de vous voilà celui que je réclame. Celui dont on m’appela à ma naissance, ce qu’on m’a donné dans ma jeunesse, ce sous lesquels, en d’autres temps et lieux, je fus connu, je les ai laissés, comme j’aurais laissé des vêtements démodés et désormais inutiles. Me voici : je suis Noble et Voyageur ; je parle, et votre âme frémit en reconnaissant d’anciennes paroles ; une voix, qui est en vous, et qui s’était tue depuis bien longtemps, répond à l’appel de la mienne ; j’agis, et la paix revient en vos cœurs, la santé dans vos corps, l’espoir et le courage dans vos âmes. Tous les hommes sont mes frères ; tous les pays me sont chers ; je les parcours pour que, partout, l’Esprit puisse descendre et trouver un chemin vers vous. Je ne demande aux rois, dont je respecte la puissance, que l’hospitalité sur leurs terres, et, lorsqu’elle m’est accordée, je passe, faisant autour de moi le plus de bien possible ; mais je ne fais que passer. Suis-je un Noble Voyageur ? Comme le vent du Sud, comme l’éclatante lumière du Midi qui caractérise la pleine connaissance des choses et la communion active avec Dieu, je viens vers le Nord, vers la brume et le froid, abandonnant partout à mon passage quelques parcelles de moi, me dépensant, me diminuant à chaque station, mais vous laissant un peu de clarté, un peu de chaleur, un peu de force, jusqu’à ce que je sois enfin arrêté et fixé définitivement au terme de ma carrière, à l’heure où la rose fleurira sur la croix".

 

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