En été, je me lève toujours très tôt. Genre 5h30, 6h00. J’aime ce moment où, je suis seul, il fait encore frais. Je déambule dans la maison, j’ouvre les fenêtres pour faire entrer cette fraîcheur. Il y a, prés de chez moi, une épicerie-boulangerie-bureau de tabac, j’y vais chercher très tôt mon journal et les croissants qui régaleront deux heures plus tard ma petite famille. En attendant, je vais très tranquillement, boire mon café et lire. Le journal local bien entendu et toujours un national, soit Le Monde, Libé, Aujourd’hui en France ou… Le Figaro. Ce matin, c’est le tour du Figaro. Ca fait un siècle que je n’ai plus acheté l’édition du WE. L’impression générale est toujours la même. Vraiment un canard de droite avec des idées de droite. Côté Figaro Magazine, c’est pire encore. Un côté petit bourgeois XVIème vraiment atroce pour moi fils de prolo et anar à mes heures (bon, pas mal petit bourgeois de province quant même, faut pas exagérer !). Ce matin, je trouve tout de même un article qui me fait plaisir. Son titre « Football : la mondialisation d’un fléau émotionnel ». C’est écrit par deux universitaires Jean-Marie Brohm et Marc Perelman. Ils n’y vont pas de mainmorte. Le foot est vecteur d’une « pandémie planétaire d’infantilisation et de crétinisation des masses » disent-ils. Nos auteurs expliquent comment selon eux (et j’en suis d’accord) le football est aujourd’hui un objet symbolique majeur du phénomène de la mondialisation libérale. Il est tout à la fois une illustration de son fonctionnement (profonde fracture sociale, illusion d’une unité politique retrouvée, corruption à chaque degré, spectacle permanent), un vecteur de mondialisation (diffusion massive des produits et sous-produits de la « pseudo-culture foot ») et une arme -opium d’anesthésie des masses (« la planète est envahie par une peste émotionnelle partagée… »). Bon moi, depuis que je suis petit, je hais le foot. Je m’y étais vaguement essayé sous la contrainte d’un professeur d’EPS mono maniaque. Je me suis retrouvé à l’hôpital avec un tibia gros comme une citrouille. Depuis lors, j’ai passé l’essentiel de mes heures d’Eps avec une poignée de récalcitrants à glander sur une pelouse au soleil (d’où une certaine appétence pour le farniente avec un bouquin ?). J’avoue que Chirac et la coupe du Monde avec l’équipe Black-blanc-beur m’avaient un moment détourné de ma névrose anti footeuse. J’étais heureux de cet élan national retrouvé, de cet effet bonne humeur sacrément absent du paysage collectif de par ici. Mais cela n’a pas duré.
Aujourd’hui, j’ai mon fiston qui est fana du foot. Handicapé, il passe des heures sur sa PS2 à re jouer les parties du Mondial et ne raterait pas un match de l’équipe de France.
Pour lui, je suis heureux que le foot cela existe. Les choses ne sont pas si simples…
Commentaires
Et si tout était simple????... et que nous compliquions tout?
Ce matin, je suis frappée par les commentaires concernant lematch d'hier soir France/Corée, et je n'arrive à voir dans l'Equipe de France que le miroir de l'état dans lequel se trouve la France: dépressive, en manque d'estime d'elle-même, et manquant de confiance en sa capacité de transformation...
:-)
Isabelle
Ecrit par : Isabelle | 19.06.2006
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