31.05.2006

Résumé des épisodes précédents (XXVII)

Jeudi, avec mon ami John, j’ai passé la journée à Rouffach, c’est la 25ème édition de la foire du bio de Rouffach. Mon impression. Une journée sympathique mais fatigante. Après 25 ans elle est en déséquilibrée par son succès. Il y a beaucoup, beaucoup de monde. Sans doute trop de monde. On se marche sur les pieds, il est difficile de rencontrer vraiment les exposants, nombreux et intéressants. Il est question de la délocaliser l’année prochaine à Colmar. Perdra-t-elle ce qui lui reste d’âme ou sera-ce l’occasion d’une renaissance ?
Les moments forts (outre quelques rencontres d’amis et relations) : nous goûtons aux vins du Gard venus du Monastère de Solan. Il s’agit d’un monastère orthodoxe de femmes qui dépend du monastère de Simonos Petra, sur le Mont Athos en Grèce.  Ce sont trois bouts de bonnes femmes, toutes de noires vêtues, ne laissant rien paraître de leurs atours capillaires, qui font le service avec une dextérité de barmaids. Elles sont tellement affairées à leur tâche profane qu’il est hors de question d’entamer une discussion plus spirituelle. Les vins, Saint Martin, Saint Simon, Saint…, sont excellents. Autre moment de bonheur papillaire, la dégustation des fromages et autres Ail des Ours au stand Demeter. Mon ami John est membre de cette association d’obédience steinerienne. Il jardine avec la lune. Nous n’assisterons qu’à une seule conférence (celle concernant la décroissance est annulée pour ratage d’avion du conférencier), celle de Pierre Paillard, écrivain et fondateur de la première coopérative bio de France en 1968. Pierre est un vieux monsieur. Il est grand spécialiste du vin bio et militant anarchisant de la cause bio. Il nous prodigue ce jour là comme une forme de testament spirituel. Il nous explique. Le bio s’égare en choisissant de se conformer aux diktats du marché en préférant le « décrété – virtuel » au « proposé- réel ». En clair, le bio des normes n’est pas le bio du réel, celui qu’on ne peut rencontrer qu’en ayant un contact direct avec un producteur. A chaque fois que cela est possible, dit-il, négligez le supermarché (même bio) au profit du producteur réel, concret que vous aurez choisi pour le goût de ses produits. Il faut faire effort. Paillard estime que nombreux sont les gens du bio qui ont été dans l’idéologie (notamment les verts souvent rejetons du trotskisme)  et pas dans le travail sur le réel. Il blâme aussi les tenants du « développement personnel » exclusif, qui se font une bulle de confort en oubliant d’être et d’agir sur le monde. Pour lui il faut travailler sur soi et sur le monde pour trouver son point d’équilibre qui en est l’accomplissement. Il en nous présente les « tableaux de paillards ».

 

La conférence s’achève sur une note un peu pessimiste, pour lui le chaos est inéluctable, notre monde va nécessairement dans le mur. L’espoir est dans les petites flammes de conscience qu’il croit percevoir qui seront les brasiers de la renaissance future.
Pour ce qui me concerne, je trouve le constat juste mais je ne suis pas sur du pronostic. Et vous ?

La légende du nabot 19

Les six autres présentaient de nombreuses contusions et de vilains hématomes mais semblaient pouvoir se déplacer et regagner la surface avec l’aide du nabot et de ses fidèles. Il comprit qu’il ne pourrait rien pour les trois mourants, qu’ils allaient bientôt retrouver, les uns comme l’autre, dans les prochains instants, un paradis ou un enfer, celui des innocents. Son coeur fut empli de compassion comme il l’avait été lorsqu’il avait abrégé les souffrances de la pauvre bête dans l’autre trou. Pourtant, il ne pouvait se résoudre à agir avec ces enfants comme il l’avait fait avec la bête. Cette compassion pour l’être souffrant ne pouvait égaler en lui un respect encore plus profond pour la vie, quelle qu’elle soit, heureuse ou sinistre, du chef-d’oeuvre de la création, l’être humain. Jamais, o grand jamais, il ne pourrait la voler.

 

Cette abstention volontaire ne signifiait pas pour lui toute absence de réaction. Il était résolu à tenter l’irréalisable, sauver ces enfants, tous ces enfants. Il s’approcha de la petite fille, celle qui l’émouvait le plus par la douceur de ses traits et la noblesse qu’il devinait naturelle dans un regard pourtant déjà vitreux. La petite respirait difficilement. Curieusement, on aurait pu croire qu’elle n’avait jamais été aussi bien. Pressentant sans doute l’inéluctabilité de sa propre fin, elle semblait aspirer à une tranquillité nouvelle du corps et de l’âme malgré les gémissements que lui faisaient pousser par intermittence les nombreuses plaies qui parcouraient son corps de fillette.

 

30.05.2006

Résumé des épisodes précédents (XXVI)

Rendez-vous chez Maxime
Mardi dernier, j’avais rendez-vous chez Maxime. Maxime est un personnage. J’en ferai peut-être un jour le portrait. En tout cas, c’est un esthète, un amateur d’art. Il m’offre une toile de Jean-Louis Guermann (le tableau ci-dessus). C’est un tableau qui montre un être en passage. Voici ce que Maxime disait de Jean-Louis Guermann en 1993 : «  A ses yeux, peindre, c’est travailler et réfléchir, sur le monde autant que sur l’acte de peindre. Son art questionne la vie, les jours qui passent, nos expériences, nos pertes et nos incertitudes…c’est indiscutablement une démarche humaniste, qui ne désespère pas de trouver un sens au monde et une destination acceptable à nos actes ».
Nous déjeunons ensemble. Nouvelle occasion de prendre conscience des difficultés de la relation. L’épisode avec la serveuse du troquet. Elle nous apporte le vin commandé par Maxime. Je le goûte, le sens légèrement bouchonné mais ne dit rien. Maxime re goûte et s’aperçoit  du bouchon, je le convaincs de garder la bouteille. Au milieu du repas, je ne peux m’empêcher de reparler du vin à la serveuse qui est aussi la patronne. Mon intention est de l’aider pour qu’elle prenne compte pour d’autres clients du risque que présente ce vin. Elle ne comprend pas et se défend en se disant prête à changer la bouteille. Alors que nous parlons, elle délaisse notre conversation pour s’occuper d’une autre table. Lorsqu’elle revient, je lui signale combien il me semble non respectueux d’interrompre une conversation ainsi. Elle rougit, s’excuse maladroitement et sera en tension douloureuse tout le reste du service. Je suis désolé de la voir dans cet état et m’excuserai plus tard. Mon vis-à-vis me dit « les hommes sont des fétus », j’entends, « les hommes sont des fœtus ». Oui, les êtres sont sensibles et la forme de notre communication est aussi importante que son fond. N’oublie pas Rufino, les « hommes sont des fœtus ».

La légende du nabot 18

Bientôt, un filet de lumière perça par une minuscule ouverture sur laquelle s’acharnait depuis plusieurs minutes un modeste corniot. Les enfants, au risque de l’asphyxie totale de leur corps par la lente agonie d’une lampe à huile miraculeusement épargnée par le désastre, avaient préféré garder pour le salut de leur âme une lumière qui leur permettait de voir dans l’oeil de l’autre qu’ils étaient toujours en vie. Cette faible lumière servit de phare aux derniers efforts de la troupe qui fit si bien qu’une masse de gravats s’écroula sur elle laissant une trouée béante, passage royal pour le nabot. C’est le petit chiot qui fut le premier sur les enfants, prodiguant sur l’instant caresses et réconfort de ses lapements. Il fut vite imité par ses congénères.

 

Le pied-bot put alors contempler le spectacle de désolation qui s’offrait à ses yeux qui avaient maintenant totalement apprivoisé la quasi-obscurité du lieu. Sur les douze gamins affalés, trois n’étaient plus que chairs froides et malodorantes, leurs âmes ayant désertées leurs corps meurtris dans les premières secondes de la catastrophe, déchiquetés par la rocaille ou les outils de travail propulsés dans cet espace réduit comme autant de météores d’un univers minuscule.

 

Trois autres enfants dont une lumineuse petite fille aux nattes blondes et au regard très doux, sanguinolents et poussiéreux, n’étaient plus attachés à cette terre que par le miracle de la résistance humaine à la souffrance et son avidité à survivre à tout prix.

 

29.05.2006

Des compagnons pour vivre

Il y a trois mois, le jour de mon anniversaire, j’ai fait un examen désagréable. Une biopsie de la prostate. Une semaine après j’apprenais que j’avais un cancer.
J’ai vécu les premières semaines qui ont suivi cette annonce avec un certain stress.
Pourtant, très vite, presque par anticipation des compagnons m’ont accompagné sur le chemin. Certains de ces compagnons sont des livres. Ils m’ont aidé à passer ces moments de stress et à faire de cette histoire singulière un chemin de progrès.
Je voudrais présenter trois de ces compagnons.
Le premier m’a été conseillé, la veille de l’annonce du cancer. Par un ami coach, Nicolas. Belle synchronicité, puisqu’il s’agit du livre Vivre, de Mihaly Csikzentmihalyi. Non ?
Mihaly Csikszentmihalyi a quitté sa Hongrie natale au début des années 1950. Il est l'une des figures de proue du courant de la 'psychologie positive'. Après avoir enseigné à l'Université de Chicago pendant trente ans et dirigé son département de psychologie, il est aujourd'hui professeur au Claremont College, en Californie.
Les questions qu’il se pose. Qu'est-ce qui rend les gens heureux ? Qu'est-ce qui donne un sens à la vie ? Et surtout, quand sommes-nous heureux ?
La réponse qu’il va trouver après des dizaines d’années d’enquête: nous sommes heureux, lorsque nous donnons 'le meilleur de nous-mêmes', lorsque nous sommes pleinement ce que nous faisons. Ce sentiment d'intense satisfaction est causé par un état de conscience particulier, qu'il a baptisé la 'fluidité', ou 'expérience optimale'.
Ce sont des instants de grâce que tout le monde connaît un jour mais que l'on peut cultiver et retrouver à loisir. Mihaly décrit les caractéristiques de l’expérience optimale, les caractéristiques psychologiques des individus qui les vivent et les conditions pour atteindre cet état. 
Ce que j’apprends ici c’est que chacun est alors responsable de son propre bonheur. Il y a là une éthique de la responsabilité qui est aussi une éthique de la joie. Elle m’a fait du bien et j’ai tenté de  la mettre en application, y compris lorsque j’ai été opéré.
Mais cette éthique ne disait rien sur le bien et le mal. Deux autres livres m’ont accompagné et éclairé.
Ils m’ont été offert par un ami d’enfance, rmiste, asocial atypique, catholique de naissance cherchant une conversion dans la religion juive.
Le premier livre est d’une psychanalyste. Marie Balmary. Son titre la Divine Origine.
Balmary exerce à Paris depuis trente ans. Elle a entrepris de relire à plusieurs voix la Bible à partir des textes hébreu et grec et non des traductions actuelles trompeuses.
Elle nous rappelle d’abord que le matérialisme et le scientisme ont, par trois fois, détrôné  l’homme  de son statut d’élu de Dieu. Il n’est plus au centre de l’univers après Copernic, n’est qu’un animal après Darwin, il est soumis à un déterminisme psychologique implacable depuis Freud. C’est dans la Bible qu’elle va rechercher, à la manière d’un Sherlock Holmes, les traces de l’homme dans l’humain. Il émerge, en effet,  à la lecture attentive du texte de la Bible et plus particulièrement celui de la genèse. Ce récit pose en effet les conditions de l'émergence du sujet. Ce sujet n’émerge que dans la rencontre véritable avec l’autre. Cette rencontre permet de ce mettre en route vers nous-même, à poser un Je face à un Tu, et non à suivre un autre (ici la figure du diable tentateur), quelles que soient ses promesses. Le psychanalyste respectueux de l’autre, humaniste, comme tout thérapeute qui se respecte, s'est donné comme vocation d'accompagner les sujets dans leur naissance à eux-mêmes. Cette lecture du texte confère à la bible le statut de vade mecum pour chacun afin d’aller à la naissance de lui-même. Je comprends à la lecture de Balmary que le suivisme auquel nous convie l’interprétation commune de la bible et notamment de l’église catholique  est la marque du Diable.
J’ai compris aussi à la lecture de ce livre que ma chance d’être un homme ne trouverait pas sa réponse dans une contemplation ou un appel à l’extérieur de moi-même, mais à un nouveau regard que je porterai sur moi et sur les autres. Ceci n’exclut pas la croyance en l’esprit et dans ses forces.
Le troisième ouvrage est celui de Martin Buber « Je et Tu ». Martin Buber (8 février 1878 - 13 juin 1965) était un philosophe, conteur et pédagogue d’origine autrichienne. C’est aussi un redécrouveur du hassidisme, branche mystique du judaïsme. Je n’avais pas conscience en entamant ce livre que je m’attaquais à un monument de philosophie et de poésie. Je ne saurai en parler avec beaucoup de sciences. Je dirai simplement que mon esprit était ravi tant par l’intelligence du propos que par la beauté de l’écriture. Ce qu’en dit Wikipédia :
« Dans Je et Tu, Buber souligne l'attitude duelle à l'égard du monde: la relation Je-Tu et la relation Je-cela. Ni le Je ni le Tu ne vivent séparément, ils n'existent que dans le contexte Je-Tu, qui précède la sphère du Je et la sphère du Tu. De même, ni le Je ni le cela n'existent séparément, ils existent uniquement dans la sphère du Je-cela. La relation Je-Tu n'est absolue qu'à l'égard de Dieu - le Tu éternel - et ne peut être pleinement réalisée dans les autres domaines de l'existence, y compris dans les relations humaines qui, bien souvent, sombrent dans la sphère du Je-cela ». Le Je-cela, c’est lorsque j’oublie de regarder l’autre humain comme un homme, un autre sujet mais que je le regarde comme un objet. Pour être moi-même un homme, il faut que j’ose la rencontre avec l’autre moi-même, le regarder pleinement comme un autre Je, Tu.
C’est difficile au quotidien, mais j’essaie de m’y employer.
Après cette lecture là, il n’est plus possible de ne pas savoir la responsabilité immense qui m’incombe.
 Trois livres de densité croissante qui m’aident à vivre. 

La légende du nabot 17

Bientôt tous les aigris de cette terre désormais maudite reprirent les clameurs de la vieille. « Que fait-il là-dessous? », s’exclamaient- ils, « il termine l’oeuvre du Diable et des pierres. Quel acte de pitié pourrait trouver sa place chez ce démon pourchassé depuis toujours par nos petits et qui nous haït comme nous le haïssons? ». Les hommes effrayés par ce chant lugubre des femmes voulurent ramener à la surface le nabot amarré à eux comme le navire à la berge. Ils tirèrent de toutes leurs forces sur la corde attachée à sa cheville sans souci pour les blessures qu’ils auraient pu lui occasionner. Pourtant, ils furent bredouilles dans cette pêche morbide ne découvrant au bout de la corde que des filaments salis en forme de chou-fleur.

 

Au coeur de la mine, Pied-bot et ses ouvriers avaient terminé l’essentiel de leur ouvrage. Ne les séparait plus des petits manufacturiers qu’une fine paroi de quelques centimètres qui fût vite mise en pièces par la frénésie destructrice mais salvatrice de l’homme et de sa bande. Les cris s’étaient fait plus rare, comme si l’approche de la délivrance avait apaisé les coeurs en les vidant de leur angoisse. Où était-ce la fatigue ou encore le manque cruel d’oxygène qui repoussait les cris au fond des gorges?

 

28.05.2006

La légende du nabot 16

A la surface, les habitants du bourg s’activaient mais en vain, suant sang et eau en pure perte. Les esprits s’échauffaient, le danger immédiat désormais écarté, l’angoisse existentielle quittait les esprits pour faire place aux anciennes pensées, aux rancoeurs et mesquineries du quotidien et de toujours. Déjà certains cherchaient à désigner les coupables de la catastrophe. Après avoir passé en revue « la faute à pas de chance », Dieu, Diable, la nature, ils voulurent trouver un coupable plus commode, fait de chair et d’un sang qui pourrait couler. Une veuve acariâtre, qui n’avait plus ni famille ni dents, le corps et l’âme desséchés par une vie misérable, avait développé un talent exceptionnel dans la critique d’autrui et le colportage des pires immondices. Maîtresse en épandage de fiel, elle eut tôt fait de désigner la victime expiatoire des haines ancestrales et contemporaines qui conviendrait à la bêtise des uns, à la médiocrité des autres et à l’indifférence des derniers. Qui donc aurait pu attirer cette calamité? Qui était une injure permanente aux autres et aux dieux par sa seule existence? Qui était unanimement haï de tous, sinon le vilain pied-bot? Alors que le nabot poursuivait son oeuvre salvatrice au fond du gouffre, une cabale sinistre et pathétique se montait contre lui, sauveur des enfants.

 

Mon journal a de la m... devant les yeux!

Ce matin, je regarde mon journal, la PQR. Que vois-je? A la rubrique cinéma : Volver, deux étoiles, "on aime bien". Camping, trois étoiles, "on aime passionnement". Décidément, mon journal a de la m...devant les yeux!

 

 

27.05.2006

Résumé des épisodes précédents (XXV)

Samedi dernier j’étais à un mariage (avec toute ma petite famille). Un mariage spécial puisqu’il s’agissait d’un mariage civil entre deux époux ayant deux enfants et au moins 15 années au compteur (Noces de Cristal donc). Mariage encore plus spécial puisqu’il était suivi par le baptême républicain du petit dernier. J’ai eu l’honneur d’être le témoin des époux. J’ai donc tout vu, au premier rang. La mairie de Strasbourg (superbe château du XVIIIème) était envahie par des cohortes d’époux, d’épouses, de dames d’honneur, de témoins endimanchés, de familles et d’amis. Le mariage se porte bien à Strasbourg, il y en aura une vingtaine cet après-midi. Le soleil était de la partie sur une place Broglie transformée en caravansérail (une vente brocante à l’initiative d’un lycée, une concert pop, les voitures des convives anarchiquement disposées). Le brouhaha était constant, mêlant cris et rires aux youyous d’un mariage marocain et aux sonorités stridentes de la guitare électrique. Tout cela était joyeux et confus. Pourtant, le mariage de mes amis sera marqué par une solennité quasi religieuse. L’édile, ancien maire de la cité,  fera un service maximum. Convaincue, chaleureuse, elle saura parler des uns et des autres, du lien et de la république, avec bonheur. J’ai surpris dans les regards des époux de la gratitude et du contentement.
Le point d’orgue, néanmoins, ne fut pas pour moi le mariage mais le baptême. Le loupiot est un gaillard charmant de quatre ans et demi. Très présent. Il a les traits de douceur de sa mère et le regard noir de geai de son père. Qu’il est beau ce gosse, au moins aussi beau que sa grande sœur de dix ans. Marquant la pose, il aura l’allure d’un officier lors qu’une cérémonie en grande pompe. Le baptême républicain « est un acte citoyen. C’est l'engagement moral du parrain et de la marraine à suppléer les parents en cas de malheur familial, qui est consigné par écrit devant le Maire. Le baptême républicain (ou civil) est destiné à faire entrer l'enfant dans la communauté républicaine et à le faire adhérer de manière symbolique aux valeurs républicaines ». Je dois dire que lorsque l’officier d’état civil a prononcé ces mots « je te reçois filleul de la république », des larmes ont coulé sur mes joues.
Dans ces périodes de sinistres affaires, je sais que la république est là, malgré tout, malgré eux.

Urgence, urgence, c'est jusqu'à ce soir

Vite, vite, c'est jusquà ce soir, mon bon Nicolas expose quelqu'unes de ses superbes photos, librairie Caractères, 21, rue de la République à Hoenheim. Vous y trouverez un regard tendre et beau sur une humanité tendre et belle, comme lui...

Si vous n'êtes pas du coin, vous pourrez découvrir son travail en cliquant sur le lien Le site de Nicolas

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