31.05.2006
La légende du nabot 19
Les six autres présentaient de nombreuses contusions et de vilains hématomes mais semblaient pouvoir se déplacer et regagner la surface avec l’aide du nabot et de ses fidèles. Il comprit qu’il ne pourrait rien pour les trois mourants, qu’ils allaient bientôt retrouver, les uns comme l’autre, dans les prochains instants, un paradis ou un enfer, celui des innocents. Son coeur fut empli de compassion comme il l’avait été lorsqu’il avait abrégé les souffrances de la pauvre bête dans l’autre trou. Pourtant, il ne pouvait se résoudre à agir avec ces enfants comme il l’avait fait avec la bête. Cette compassion pour l’être souffrant ne pouvait égaler en lui un respect encore plus profond pour la vie, quelle qu’elle soit, heureuse ou sinistre, du chef-d’oeuvre de la création, l’être humain. Jamais, o grand jamais, il ne pourrait la voler. Cette abstention volontaire ne signifiait pas pour lui toute absence de réaction. Il était résolu à tenter l’irréalisable, sauver ces enfants, tous ces enfants. Il s’approcha de la petite fille, celle qui l’émouvait le plus par la douceur de ses traits et la noblesse qu’il devinait naturelle dans un regard pourtant déjà vitreux. La petite respirait difficilement. Curieusement, on aurait pu croire qu’elle n’avait jamais été aussi bien. Pressentant sans doute l’inéluctabilité de sa propre fin, elle semblait aspirer à une tranquillité nouvelle du corps et de l’âme malgré les gémissements que lui faisaient pousser par intermittence les nombreuses plaies qui parcouraient son corps de fillette.
07:52 Publié dans Contes de mon cru | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Commentaires
Voilà! J'ai enfin tout lu! Et tout d'une traite! ça veut dire que je me suis laissé prendre au jeu, donc que ça fonctionne sur moi! J'aime bien, pour ne pas dire beaucoup, parce que si je dis beaucoup, après tu vas te relâcher!!!
Non, c'est vraiment pa smal, c'est bien écrit, mais ce que j'apprécie surtout c'est l'ambiance que reflète ton écriture. Il y a une sorte de quiétude dans ton style, quelque chose de calme et de simple, une sorte de force tranquille, du coup, on lit l'histoire tranquillement et on se laisse porter!
J'attends donc la suite, et puis bravo!
Ecrit par : Manolin | 31.05.2006
Merci, merci Manolin, d'autant que je sais désormais que tu as beaucoup de travail.
Bon courage à toi,
Rufino
Ecrit par : Rufino à Manolin | 31.05.2006
Je confirme ce que dit Manolin ...
Juste une petite gêne : ton héros serait-il lui aussi victime de l'image ?
Bises
Ecrit par : dominique | 31.05.2006
Ecrire un commentaire