30.05.2006
La légende du nabot 18
Bientôt, un filet de lumière perça par une minuscule ouverture sur laquelle s’acharnait depuis plusieurs minutes un modeste corniot. Les enfants, au risque de l’asphyxie totale de leur corps par la lente agonie d’une lampe à huile miraculeusement épargnée par le désastre, avaient préféré garder pour le salut de leur âme une lumière qui leur permettait de voir dans l’oeil de l’autre qu’ils étaient toujours en vie. Cette faible lumière servit de phare aux derniers efforts de la troupe qui fit si bien qu’une masse de gravats s’écroula sur elle laissant une trouée béante, passage royal pour le nabot. C’est le petit chiot qui fut le premier sur les enfants, prodiguant sur l’instant caresses et réconfort de ses lapements. Il fut vite imité par ses congénères. Le pied-bot put alors contempler le spectacle de désolation qui s’offrait à ses yeux qui avaient maintenant totalement apprivoisé la quasi-obscurité du lieu. Sur les douze gamins affalés, trois n’étaient plus que chairs froides et malodorantes, leurs âmes ayant désertées leurs corps meurtris dans les premières secondes de la catastrophe, déchiquetés par la rocaille ou les outils de travail propulsés dans cet espace réduit comme autant de météores d’un univers minuscule.
Trois autres enfants dont une lumineuse petite fille aux nattes blondes et au regard très doux, sanguinolents et poussiéreux, n’étaient plus attachés à cette terre que par le miracle de la résistance humaine à la souffrance et son avidité à survivre à tout prix.
08:34 Publié dans Contes de mon cru | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

Commentaires
lumière, lumière ...
Ecrit par : dominique | 31.05.2006
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