29.04.2006
Résumé des épisodes précédents (XVII)
Dimanche soir, j’étais simplement effondré. J’avais aussi de la colère. Pourquoi ? Grande fatigue certes mais surtout, peut-être, était-ce une réponse de ma psyché au fait que je n’étais guère satisfait de ma journée. La journée de communion d’E, la nièce de ma femme. Le dimanche commence par un réveil tardif. Chacun s’apprête, et je me prête au jeu. Pourtant, je n’anticipe rien de vraiment bon . Nous arrivons dans cette grande église de village, de la campagne profonde, bondée, pleine à craquer de personnes endimanchés. Je ressents du conformisme (selon mon goût comme celui de l'excellent Le goût des autres). La cérémonie est pour moi d’un ennui indescriptible, d’autant qu’elle n’en finit pas de durer. Le rite catholique dans ce qu’il a de plus atroce. L’appel à la soumission est moins dans le discours que dans le rituel. Encore que. Le sermon sur Thomas est monstrueusement néoclassique (Jean 20, 19-31). Heureux qui croit sans voir. Fermez les yeux, renoncez à penser, soumettez-vous aveuglement, mes frères, à notre Dieu et à ses prêtres. Beurg. C me dira qu’un autre prêtre dans un autre lieu au même moment propose une vision du texte de Jean tout autre. Un éloge du doute. Ensuite ce long repas monotone. De cette longue après-midi familiale. Je ressens l’absence absolu de rencontres. Je n’ai pas pu ou pas su faire l’effort de la rencontre. J'ai le sentiment d’indiffèrer ces gens et ils m’indiffèrent. Ancrages déjà anciens, bien incrustés. Je sais qu’il n’y a pas de fatalité mais… . Un petit moment de joie pourtant, la partie de volley que j’organise avec les enfants. Ouf, tout n’est pas perdu.
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27.04.2006
Vapeur
Dominique, qui décidément, se montre très stimulante, m’engage à parler d’une expérience. Celle du temps. Opéré récemment (cf Résumé des épisodes précédents IX), j’ai dû pendant trois ou quatre jours, me déplacer tout doucement, comme, je l’imagine, marchent les vieillards. Tous mes gestes s’exécutaient au ralenti. Me raser, me lever, aller chercher un objet dans un coin difficile.
Soudain, le temps a pris plus d’épaisseur et de consistance. Chaque geste, fait à cette allure, semblait avoir plus de sens, de poids. Une paix profonde les accompagnait.
Faire les choses deux fois moins vite et du coup être deux fois plus.
Les anthropologues parlent de sociétés froides pour les sociétés primitives où le changement s’effectue lentement et de sociétés chaudes, pour les sociétés où le changement est rapide.
Notre société est bouillante et risque de s’évaporer.
13:20 Publié dans Ce que je crois | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
26.04.2006
Résumé des épisodes précédents (XVI)
Réveil tôt ce matin, pour pouvoir bloguer un peu. Cela devient une passion. Mais j’aime écrire ainsi. A 7h00, je pars pour le Centre. Côté Primus 1, il y a foule. Un type m’interpelle. Il m’explique qu’il est mon ancien voisin d’O. Je le reconnais enfin. Nous n’étions pas intimes. Il me parle de sa tumeur. Le cerveau. Il me présente sa voisine, une autre habitante d’O. et me rappelle que notre voisin d’en face M. R a lui aussi été opéré. Je me dis qu’il y a là plus qu’une coïncidence. Une rue des cancers! (y aurait-il un antenne relai dans le coin?). L’opératrice m’interpelle et me propose d’aller passer mes rayons sur Primus II. J’y vais un peu gêné. J’ai l’impression de bénéficier d’un traitement de faveur. Je fais vite et me retrouve dehors pour rejoindre la maison. Nous partons à Magnoncourt, le trou du cul du monde, la haute patate, la ville d'origine de Mme la Présidente du Medef, … Nous aurons effectivement bien du mal à trouver. Qu’importe, nous allons nous retrouver avec une bande formidable. Quatre générations nous attendent. La vieille dame de 90 ans (petite on l’appelait Caramel, sa fille, sa petite-fille et ses trois arrières petits-enfants. Les conjoints et consorts sont presque tous là. Cette troupe bénéficie d’un soleil radieux, comme une partie de campagne. Moi qui n’aie que peu de racines, j’aime sentir la vieille pierre de la maison ancestrale. Elle est en vente pourtant. Trop loin de Strasbourg, trop d’entretien, trop cher, pas assez pratique, et puis personnes n’y va plus vraiment. Ce n’est pas mon histoire mais je trouve cela triste. Après le déjeuner italien (Rizotto de Vincenza) arrive la rebouteuse. Elle a, en effet, tout de la vieille sorcière, même les verrues. D'ailleurs, elle vient pour s’occuper des verrues de ma fille. Elle les « barre » en commençant par la verrue mère. Elle fait simplement passer ses mains en mouvement circulaire pendant plusieurs dizaines de minutes au-dessus des verrues en veillant bien à la faire tourner dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Elle est gauchère ! Nous verrons dans quelques jours le résultat. Elle est sûre d’elle-même, aucune verrue de lui a jamais résisté nous dit-elle. Je me demande en regardant le chapelet de verrues de son cou, si elle ne les prend pas à son compte...Retour pour Strasbourg, je dors dans la voiture. Le soir, pour la première fois, je me suis fais seul l’injection journalière. Je dois m’y reprendre à deux fois et je me fais saigner. Par contre, je ne souffre pas.
22:10 Publié dans Ma petite vie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
25.04.2006
Résumé des épisodes précédents (XV)
Mercredi, journée du nouvel IRM. Cette fois-ci une nouveauté. J’ai droit à une sonde endo rectale. Je suis surpris par l’incroyable efficacité de l’infirmière. A la vitesse de Buz L’Eclair, elle concocte une seringue, m’injecte un produit puis va s’occuper d’un autre patient. La productivité version service public. Elle m’introduit enfin près de la sainte machine. Le moment tant redouté s’approche. Elle me dit « ce n’est pas vraiment douloureux, une fois passé le sphincter ». Je confirme, mais en attendant il faut passer le sphincter. Ay, ay, ay, comment disait déjà le magistrat emporté par le gorille de la chanson ?
Le lendemain, la journée commence simplement. Je vais à la piscine avec les filles. Elles sont folles de joie dans la décapotable. Elles hurlent « bonjour ! » dès que passe un badaud. Je fais mes brasses puis vais rejoindre le sauna. Après ma première séance, je décide de faire une petite autohypnose. Je suis surpris par le résultat. Je réussi une lévitation de la main droite, une connexion avec ma sous personnalité « le gnome » et un rapide recadrage en six pas. Si une personne était entrée à ce moment là, elle aurait vu ma main voleter de son propre chef, et mon visage se marquer de rictus de joie et de colère selon l’émotion du « gnome ». Depuis que j’ai découvert, grâce à l’hypnose ericksonienne que j’avais en moi des personnages, je sais que je ne serai jamais plus seul.
13:40 Publié dans Ma petite vie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
24.04.2006
Résumé des épisodes précédents (XIV)
Mercredi 19 avril 2006 : La journée de hier est assez calme, ce me semble. Je passe un temps infini sur mon blog. Chronophage et dopant. Des commentaires des uns et des autres. Je prépare le repas. Je fais ma première béchamel. Elle ne sera pas très réussie au dire de mes enfants et de ma femme. Je décide d’aller l’après midi à la piscine, question de commencer le programme proposé par MZ. Je nage pas mal (mais pas encore au point de me faire mal) puis direction sauna. C, mon infirmière rien qu’à moi, arrive après sa journée de formation informatique. Elle est si soucieuse de ne pas me faire mal, qu’elle rate son coup et doit s’y reprendre à trois fois pour m’injecter le produit d’hormonothérapie en intra musculaire (dans les fesses). La troisième aiguille, la plus grosse de sa trousse fera finalement l’affaire. Elle en est malade me dira-t-elle en se penchant sur moi et en m’embrassant chaleureusement. Elle est si tendre avec moi. J'aime le contact de son corps. Sans ambiguïtés, je le sais maintenant. Je me rends chez Primus. Il est toujours en panne. Du coup, je dois patienter une heure et demie. J’en profite pour parler avec une vieille dame « portant belle ». Elle a 74 ans et un cancer de l’utérus. D’abord très déprimée, elle a repris le dessus et se bat. Elle m’explique comment on fait une béchamel ! C’est une ancienne cuisinière. Je me rends ensuite chez P pour sa soirée d’anniversaire. Tous les vieux copains sont là. JM, JL, D, T et P bien sur. Nous parlons de tout et de rien. Nous rions grassement, nous avons 16 ans. Une scène à la Claude Sautet. Heureux qui a un ami.
13:35 Publié dans Ma petite vie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Lettre à mon père (II)
Ce matin à 9h00, un appel de mon père. Il va venir, il vient. Il a 84 ans. Frémissements. Je vais le voir pour la 4ème fois dans ma vie.
13:09 Publié dans Ma petite vie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Souffrance en Palestine
Hier, je lisais Libération. En Une « La Palestine asphyxiée la suspension des aides européennes plonge les territoires dans l’extrême pauvreté ». Souffrance. Un fois encore, un peuple va payer dans sa chair le prix fort des errements de ses dirigeants, sa soumission à une idéologie en « isme », le mépris d’un autre peuple, et le cynisme ou l’impéritie des « grands » du monde. Nous, occidentaux, européens, donnons-nous la bonne réponse à un vrai problème ? Les relations entre Israël et la Palestine dans cette région du monde pourraient être assez prophétiques de ce que pourraient devenir les relations dans le futur entre l’occident et les pays pauvres du monde, de plus en plus pauvres : Allons nous devenir une citadelle assiégée et nous protéger par un mur ?
Il y là un laboratoire « in vivo » pour tenter d’inventer un autre futur. Je rêve : et si des hommes de bonne volonté se donnaient la main ?
07:54 Publié dans Ce que je crois | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
22.04.2006
Pierrette, Rémy, André, Lisette, Martine, Françoise, Michel, Christiane, Yves
11:43 Publié dans Réponse à vos mots | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Résumé des épisodes précédents (XIII)
Jeudi 11 avril. Le matin, petit moment de stress et de colère. Parce que j’ai deux jours de retard dans l’envoi de mon arrêt de travail, la sécu me sanctionne en me privant d’une partie des indemnités journalières. Bravo Mme le docteur D. Votre refus, chère Madame, pour surcharge de travail (sic), de me remettre le document dans les délais, se retourne contre moi. Grrrr.
Mon ami JP vient me chercher pour déjeuner. J’avais plutôt envi de rester à la maison pour faire un casse graine chez moi mais finalement nous allons déjeuner dans un resto. Jolie moment lorsqu’il me parle de C, sa femme et pleure. J’ai un sentiment étrange avec JP. L’impression d’avoir un grand enfant en face de moi. Un enfant crédule. Mais peut-être est-ce moi qui suis un vieux grincheux. Je fais des courses puis un saut chez C et J. J est surmené par son travail. Il a tendance à ne pas suffisamment s’occuper de lui. Le sachant croyant, je lui ai dégoté un article dans une revue catholique. Son titre : « Savoir s’occuper de soi ». Il semble déjà se transformer.
J’ai un appel de mon ami MZ qui me dit de « tenir le manche ». Il m’explique qu’il faut faire du sport et chercher le dépassement physique. La natation lui paraît l’activité la plus indiquée. Je crois qu’il a raison, je m’y mets.
09:02 Publié dans Ma petite vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.04.2006
Adrien
Adrien, Tu es un vieux monsieur. Pourtant, tu es aussi un Grand Monsieur. Ta qualité de présence plus que ton savoir (et pourtant c’est pour lui que tu viens nous voir) m’a beaucoup appris, m’apprend et m’apprendra encore. Je sens ton amitié dans tes mots et tes lignes. Je suis heureux.
Rufino20:35 Publié dans Réponse à vos mots | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note